Aimer ou soigner, l’IA joue les Cupidon et les Dr House

Si t’as besoin de l’IA pour trouver l’amour ou guérir, c’est que le monde part en sucette. Mais bon, on y est. Bumble balance ‘Bee’, un assistant de dating qui promet de remplacer le swipe débile par de la vraie compatibilité. De l’autre côté, Baidu Health teste ‘DoctorClaw’, un médecin virtuel qui veut d’abord faire le boulot de secrétariat et de recherche académique. Deux annonces, deux secteurs, mais le même mantra : « Assistants, pas remplaçants ». Sauf que quand on gratte un peu, on sent le bullshit à des kilomètres.

Bumble, l’appli qui a fait fortune sur le principe du « les femmes font le premier pas », s’ennuie visiblement. Après des années de swipe droit pour un match et de ghostage en série, ils sortent ‘Bee’. En théorie, c’est cool : plus d’algorithme basé sur des photos retouchées, plus de matching sur des critères superficiels. Bee va analyser tes objectifs de vie, tes valeurs, tes rêves les plus fous. Sur le papier, ça ressemble à un coach de vie avec un peu de code derrière. Mais en pratique, c’est quoi ? Un chatbot qui te demande si tu préfères les chiens ou les chats, et qui te match avec quelqu’un qui a répondu pareil. La compatibilité, c’est pas une équation, c’est un bordel humain. Et Bumble, comme toutes les boîtes tech, va vendre ça comme une révolution alors que c’est juste un finetuning de plus.

Pendant ce temps, en Chine, Baidu Health s’amuse avec ‘DoctorClaw’. Le nom est déjà un chef-d’œuvre : on sent la référence à Dr Claw, le méchant de ‘Inspecteur Gadget’, ou un jeu de mots sur « claw » pour griffer les dossiers médicaux ? Mystère. Pour l’instant, c’est en test interne, et les features annoncées sont du secrétariat amélioré : recherche d’articles académiques, aide à la rédaction de rapports. Le long terme ? Des « applications médicales profondes ». Traduction : on commence par le truc facile pour pas se faire taper sur les doigts, et après on verra si on peut diagnostiquer des cancers. Baidu a déjà une réputation de faire du n’importe quoi avec l’IA, alors un assistant médical, ça fait peur. Surtout quand le produit est encore en phase critique et que personne ne sait à quoi il ressemble. Classique : annoncer un truc flou pour capter l’attention avant d’avoir quoi que ce soit de concret.

Ce qui m’énerve, c’est le pattern. Bumble et Baidu jouent la carte de l’humilité : « On est juste des assistants, on remplace pas les humains ». Mais derrière, y’a la même hype, les mêmes promesses vagues. Bee va « révolutionner le dating », DoctorClaw vise des « applications profondes ». C’est du marketing 101 : sous-vendre le présent, sur-vendre le futur. Et pendant ce temps, les vrais problèmes restent. Bumble, tu vas régler le ghostage avec un chatbot ? Baidu, tu vas améliorer l’accès aux soins avec un truc qui lit des PDF ? Allons.

Le pire, c’est que ces annonces tombent pile quand le secteur de l’IA est en pleine crise de crédibilité. OpenAI promet l’apocalypse, Anthropic pirate des bibliothèques, et maintenant on a des assistants pour l’amour et la santé. Ça sent la diversion. Au lieu de régler les casseroles éthiques, on lance des produits sexy dans des niches grand public. Bee et DoctorClaw, c’est peut-être juste des jouets pour faire parler de soi pendant que les gros modèles continuent à générer de la merde.

Et toi, tu en penses quoi ? Tu ferais confiance à une IA pour trouver l’amour de ta vie ? Ou pour t’aider à comprendre un diagnostic médical ? Moi, je reste sceptique. L’IA, c’est un outil, pas un sauveur. Bumble et Baidu le savent, mais ils préfèrent vendre du rêve. En attendant, je vais continuer à swiper comme un débile et à aller chez mon médecin de famille. Au moins, lui, il a un diplôme.

Allez, à la prochaine pour d’autres décryptages sans filtre.


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