Spud, le modèle qui va accélérer l’économie, et le Model Spec qui va gentiment demander de faire attention

Sam Altman a encore fait du Sam Altman. Ce matin, le patron d’OpenAI a annoncé en interne la fin du pré-entraînement de son prochain gros modèle, surnommé ‘Spud’. Selon des fuites rapportées par The Decoder, il l’a décrit comme ‘très puissant’ et capable de ‘vraiment accélérer l’économie’. Le même jour, le blog officiel d’OpenAI publie un article détaillant le ‘Model Spec’, un cadre public pour le comportement des modèles, visant à équilibrer sécurité, liberté des utilisateurs et responsabilité. Dire tout et son contraire comme stratégie de communication, on connaît, mais là c’est du grand art : promettre la débauche de puissance tout en brandissant un manuel de bonne conduite.

L’annonce de ‘Spud’ sent bon le pétard mouillé en préparation. ‘Accélérer l’économie’, c’est vague comme une promesse électorale. Ça veut dire quoi, concrètement ? Augmenter la productivité ? Remplacer des jobs ? Générer des milliards en valeur boursière ? Probablement un peu de tout ça, mais Sam préfère garder le flou artistique. Après tout, pourquoi se mouiller avec des détails quand on peut lancer des concepts qui font rêver les investisseurs ? Rappelons que la dernière fois qu’OpenAI a promis de ‘changer le monde’, on a eu des modèles qui hallucinent des faits et des pertes trimestrielles à faire pâlir un trader amateur. Mais bon, cette fois c’est différent, hein ?

Pendant ce temps, le Model Spec. C’est beau, c’est bien écrit, ça parle d’équilibre entre sécurité et liberté. On y découvre qu’OpenAI veut des modèles qui ‘aident les gens’, ‘respectent les créateurs’ et ‘évitent les préjudices’. Noble intention. Mais entre les lignes, c’est surtout un exercice de relations publiques. Publier un cadre éthique le même jour qu’on tease un modèle surpuissant, c’est un peu comme ouvrir un bar à shots avec une affiche ‘Buvez avec modération’ collée sur la porte. Ça donne bonne conscience, mais tout le monde sait pourquoi les clients sont là.

Le vrai jeu, c’est de jouer sur les deux tableaux. Tu calmes les régulateurs et les Cassandre avec du jargon éthique bien rôdé, et dans le même temps, tu excites les marchés et la tech-sphère avec des promesses de disruption économique. C’est la stratégie Altman dans toute sa splendeur : dire ‘attention, c’est dangereux’ tout en poussant l’accélérateur à fond. Et crois-moi, ça marche. Les levées de fonds continuent, la valorisation explose, et les questions gênantes sont noyées sous un flot de bonnes intentions affichées.

Et ‘Spud’ dans tout ça ? Le nom est déjà un troll. Spud, comme la pomme de terre. Modeste, presque ridicule. Mais derrière, c’est probablement une bête de course, le successeur de GPT-4 qui va encore repousser les limites de ce qu’on pense possible. Ou pas. Parce qu’OpenAI a aussi une fâcheuse tendance à sur-vendre ses modèles. Gemini de Google a fait pareil, et on a vu le résultat : des benchmarks triés sur le volet et des performances réelles en dents de scie. Attendons de voir ‘Spud’ en action avant de crier au miracle.

Au final, cette journée résume parfaitement le double discours du secteur. Anthropic fait pareil avec ses papiers sur la sécurité et ses modèles déployés contre l’avis de ses propres testeurs. Google balance des annonces tonitruantes entre deux bourdes historiques de Gemini. Mais OpenAI, sous la houlette de Sam, a élevé ça au rang d’art. Promettre la lune tout en se posant en gardien de la morale, c’est le nouveau standard. Et le pire, c’est que tout le monde y croit. Ou fait semblant.

Alors, ‘Spud’ va-t-il vraiment accélérer l’économie ? Peut-être. Le Model Spec va-t-il empêcher les dérives ? On peut en douter. Ce qui est clair, c’est que le spectacle continue, et Sam Altman en est le metteur en scène préféré. Reste à savoir si la pièce finira en comédie ou en tragédie. Pour l’instant, on est plutôt dans un vaudeville bien rôdé.


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