La Chine joue aux échecs pendant que l’Occident fait du bruit

Pendant qu’Elon Musk tweete ses promesses lunaires et que Sam Altman prédit l’apocalypse entre deux levées de fonds, la Chine bosse. Silencieusement, méthodiquement, et avec une efficacité qui devrait faire flipper les capitalistes les plus endurcis.

Le BBC s’interroge : est-ce que la Chine est en train de gagner la course à l’IA ? La question est mal posée. Parce que pour les Chinois, c’est pas une course, c’est une partie d’échecs. Et ils jouent sur plusieurs échiquiers à la fois. D’un côté, tu as les géants comme Alibaba, Tencent ou Baidu qui développent des modèles rivaux de GPT-4, mais avec une particularité : ils sont intégrés à des écosystèmes monstrueux (e-commerce, réseaux sociaux, paiements) qui donnent à l’IA un terrain de jeu et des données à faire pâlir n’importe quelle startup californienne. De l’autre, tu as l’État qui régule, oriente, et parfois met un coup de pied au cul quand ça dépasse les bornes.

Prends l’exemple de Trip.com, le géant du voyage chinois. Le South China Morning Post rapporte que les régulateurs viennent de lancer une enquête anti-monopole sur ses algorithmes et ses prix. Pourquoi ? Parce que des vendeurs et des voyageurs se plaignent que la plateforme les nique avec des commissions abusives et des pratiques exclusives. Attends, c’est pas censé être le rôle de l’État de protéger les petits contre les gros ? Exactement. En Chine, quand un acteur tech devient trop puissant, l’État rappelle qui est le patron. Pas avec un tweet rageur, mais avec une enquête ciblée qui peut faire mal.

Contraste ça avec les États-Unis, où les GAFA font à peu près ce qu’ils veulent jusqu’à ce qu’un procès antitrust traîne pendant dix ans. En Chine, la régulation est plus rapide, plus imprévisible, et surtout, elle vise directement les outils : les algorithmes. C’est pas une guerre idéologique, c’est du contrôle technique. Et ça change tout.

Alors, est-ce que ça freine l’innovation ? C’est la question que tout le monde se pose. D’un côté, oui, ça met des barrières. De l’autre, ça force les entreprises à innover dans des cadres stricts, à développer des IA qui respectent des règles éthiques (ou du moins, les règles du Parti), et à éviter les dérives type Cambridge Analytica. Est-ce mieux ? Est-ce pire ? Ça dépend de ton point de vue. Mais une chose est sûre : ça donne à la Chine un avantage stratégique. Ils construisent une IA domestiquée, docile, et intégrée à leur modèle économique et politique.

Pendant ce temps, aux États-Unis, on débat encore pour savoir si l’IA va nous tuer ou nous sauver. Sam Altman fait son numéro de prophète humble, les VC injectent des milliards dans des startups qui promettent la lune, et les régulateurs sont à la ramasse. La Chine, elle, avance. Ils ont peut-être pas le dernier modèle de pointe qui fait le buzz sur Twitter, mais ils ont une adoption massive, une intégration profonde, et un État qui sait exactement ce qu’il veut.

Alors, qui gagne la course ? Pose plutôt la question : est-ce qu’on court tous dans la même direction ? Parce que si la course, c’est juste avoir le modèle le plus puissant, alors peut-être que les États-Unis sont en tête. Mais si la course, c’est déployer l’IA à l’échelle d’une société, la contrôler, et s’en servir pour renforcer un système, alors la Chine est déjà loin devant. Et ça, c’est le vrai jeu. Pas celui des annonces, mais celui des actes.

Tu me suis ? La prochaine fois que tu liras un article sur la « course à l’IA », souviens-toi : pendant qu’on parle, la Chine joue. Et elle ne compte pas perdre.


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