Alors que Gemini caracole en tête des métriques et vient de rafler le contrat Apple, Google a décidé de passer à la vitesse supérieure avec son « Personal Intelligence ». En gros, Gemini n’est plus juste un assistant qui répond à tes questions comme un bon élève : il se souvient de toi. De tes conversations passées, de tes préférences, de tes données. Sur le papier, c’est la promesse d’une IA qui te comprend vraiment, sans avoir à tout réexpliquer à chaque fois. En pratique, c’est aussi le meilleur moyen de transformer Google en ton psy numérique qui sait tout de ta vie.
Tu vois le tableau ? Gemini devient ton pote qui a une mémoire d’éléphant. Tu lui demandes de planifier tes vacances en Floride, comme l’a testé ZDNet avec 20 prompts, et il te sort des recommandations ultra-spécifiques : vols les moins chers, itinéraires optimisés, conseils de sécurité. Plus besoin de lui rappeler que tu détestes les escales ou que tu voyages avec des gosses. L’IA a tout enregistré. C’est pratique, oui. Mais c’est aussi un peu flippant quand tu réalises que chaque échange alimente un profil de plus en plus détaillé.
Google, dans sa communication, présente ça comme une « victoire lap » après avoir distancé OpenAI. Et techniquement, ils ont de quoi être fiers : Gemini est devenu une bête de course, capable de générer des images convaincantes et de répondre avec une précision chirurgicale. Mais derrière l’innovation, il y a la question qui gratte : à quel prix ? Personal Intelligence, c’est le rêve humide de tout marketeux : une IA qui anticipe tes besoins parce qu’elle te connaît par cœur. C’est aussi le cauchemar de tout défenseur de la vie privée : une boîte noire qui accumule tes données sans que tu saches vraiment ce qu’elle en fait.
Le test de ZDNet est révélateur : Gemini peut trouver les vols les moins chers, mais pour ça, il a besoin d’accéder à ton historique, à tes recherches, peut-être même à tes emails. Tu me suis ? On est dans une zone grise où la commodité se paye en données personnelles. Google promet évidemment des garde-fous et du chiffrement, mais bon, on connaît la chanson. Après les déboires de la tech sur la protection des données, faut être un peu naïf pour croire que tout va se passer sans accroc.
Et puis, il y a l’aspect « familiarité » pointé par The Verge. Personal Intelligence, ça ressemble furieusement à ce que d’autres acteurs tentent de faire depuis des années. Apple avec Siri, Microsoft avec Copilot, même OpenAI avec ses mémoires de conversation. Google n’invente rien, il perfectionne. Mais il le fait avec une puissance de feu et une intégration données qui font froid dans le dos. Quand Gemini te suggère un vol pas cher, c’est pas de la magie : c’est parce qu’il a analysé tes habitudes, tes budgets passés, tes destinations préférées.
Alors, est-ce que c’est une bonne nouvelle ? Pour l’utilisateur pressé qui veut gagner du temps, clairement oui. Pour celui qui tient à sa vie privée, c’est un pas de plus vers la surveillance douce. Google joue les grands frères bienveillants, mais n’oublie pas : un grand frère, ça protège, mais ça surveille aussi. Reste à voir si les utilisateurs vont adhérer massivement ou si la méfiance l’emportera. Pour l’instant, Gemini avec Personal Intelligence, c’est la preuve que l’IA devient de plus en plus personnelle. À nous de décider si on veut vraiment lui ouvrir la porte de notre maison.
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