La médecine low-cost à l’ère des IA : quand les pauvres deviennent cobayes

T’as déjà entendu parler de médecine low-cost ? Non, pas les génériques, je parle de la version 2026 : tu te pointes dans une clinique pour sans-abri en Californie, un assistant médical t’ausculte, et pendant ce temps, une IA écoute la conversation et crache un diagnostic. Le médecin, lui, il est en remote, il valide après coup. Le but avoué de la startup Akido Labs, selon leur CTO cité par le MIT Technology Review, c’est de « retirer le médecin de la consultation ». Tu vois le tableau ? On déploie des outils expérimentaux sur les populations les plus vulnérables, celles qui ont déjà du mal à accéder aux soins, et on appelle ça de l’innovation.

Et c’est pas un cas isolé. En 2025, un sondage de l’American Medical Association révélait que deux médecins sur trois utilisaient déjà l’IA dans leur boulot quotidien, y compris pour le diagnostic. Une startup a même levé 200 millions de dollars pour une app qualifiée de « ChatGPT pour médecins ». Aux États-Unis, des législateurs envisagent une loi qui reconnaîtrait l’IA comme capable de prescrire des médicaments. La tendance est là, elle s’accélère, et tout le monde en parle comme d’une révolution.

Sauf que cette révolution, elle a un goût amer pour les plus démunis. Leah Goodridge, une avocate spécialisée dans la prévention du sans-abrisme, et Oni Blackstock, médecin et militante pour la justice sanitaire, alertent dans The Guardian. Leur point : les patients à faibles revenus, déjà confrontés à des barrières d’accès aux soins et à des taux plus élevés de maltraitance médicale, ne devraient pas servir de cobayes pour tester des IA en phase bêta. Leur voix devrait dicter si, comment et quand l’IA est implémentée dans leurs soins. Ça paraît évident, dit comme ça.

Bon, c’est là que ça fait mal. Akido Labs vante probablement son modèle comme une solution pour démocratiser la santé, mais en pratique, ça ressemble à une expérience sociale à grande échelle. Imagine : tu es sans-abri, tu as des problèmes de santé complexes souvent négligés, et on te confie à une IA qui, même avec une supervision humaine a posteriori, peut se planter sur un diagnostic. Les risques sont énormes: erreurs médicales, biais algorithmiques qui ignorent les spécificités des populations marginalisées, et une déshumanisation accrue des soins. Et pendant ce temps, les riches, eux, continueront à voir des médecins en chair et en os, pas des assistants pilotés par des algos.

Y’a pire. Cette histoire, c’est symptomatique de la tech : on teste les technologies les plus risquées sur ceux qui ont le moins de pouvoir pour protester. C’est pratique, ça fait des données pas chères, et si ça merde, les conséquences sont moins visibles médiatiquement. Mais bon, faut pas s’étonner si la confiance dans le système de santé s’effrite encore plus.

La prochaine fois qu’on te vend une IA qui « révolutionne la médecine », pose-toi la question : pour qui, et à quel prix ? Parce que pour l’instant, à Akido Labs, la révolution, c’est un médecin en moins dans la salle d’examen, et des patients pauvres qui paient les pots cassés.


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