Chrome lance son robot ménager IA, et Google veut que tu lui fasses confiance

Tu te souviens quand Google te promettait juste des résultats de recherche plus pertinents ? Aujourd’hui, ils veulent carrément te remplacer. La dernière mise à jour de Chrome débarque avec Gemini intégré dans la barre latérale et une fonction ‘auto browse’ qui se balade sur le web à ta place. Pour les abonnés AI Pro et Ultra aux États-Unis, évidemment. Parce que la démocratisation, c’est bien, mais la monétisation, c’est mieux.

Sur le papier, c’est sexy : ton navigateur peut maintenant chercher des hôtels, comparer des vols, remplir des formulaires, gérer tes abonnements, et même prendre des rendez-vous. Google appelle ça des ‘capacités agentiques’. Moi j’appelle ça un robot ménager numérique qui a accès à tes comptes et à tes données. Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

La promesse : tu glandes, Chrome bosse

L’idée est simple. Au lieu de passer des heures à ouvrir des onglets, copier-coller des infos, et te battre avec des interfaces de merde, tu donnes une instruction à Gemini. « Trouve-moi un hôtel à Paris pour le week-end prochain, pas trop cher, avec une bonne note. » Et Chrome se débrouille. Il visite les sites, extrait les prix, compare les avis, et te sort un résumé. En théorie, c’est du temps gagné. En pratique, c’est un transfert de contrôle total à une IA qui, rappelons-le, a encore tendance à halluciner quand on lui demande l’heure qu’il est.

Google vante l’intégration « plus serrée » avec Gemini. Traduction : ils verrouillent leur écosystème. Pas de ChatGPT dans la sidebar, pas de Claude. Juste Gemini. Parce que quand tu es à la fois le navigateur, le moteur de recherche, et le modèle d’IA, pourquoi laisser de la place à la concurrence ? C’est du capitalisme de plateforme 101. Tu crées un jardin fermé, tu rends la sortie coûteuse, et tu monétises chaque interaction.

Les petits caractères que personne ne lit

Wired pointe du doigt le côté « passager » de l’expérience. Tu n’es plus aux commandes, tu regardes l’IA conduire. Sauf que contrairement à une voiture autonome, il n’y a pas de régulation, pas de standards de sécurité, et surtout, pas de frein d’urgence évident. Quand Chrome décide de souscrire à un service de streaming à 30 balles par mois au lieu de l’annuler, qui est responsable ? Toi, parce que t’as cliqué sur « Go » ? Google, parce que leur IA a mal interprété ta demande ? Bonne chance pour obtenir un remboursement.

Et parlons des données. Pour faire tout ça, Gemini a besoin d’accéder à tes identifiants, à tes historiques de navigation, à tes formulaires sauvegardés. Google assure que tout est sécurisé et privé. Bien sûr. Le même Google qui se fait régulièrement épingler pour la collecte de données trop agressive. La confiance n’est pas exactement au rendez-vous.

Le benchmarketing version navigateur

TechCrunch et The Verge reprennent la comm’ Google sans trop creuser. « Des fonctionnalités autonomes pour les tâches multi-étapes. » Ça sonne bien. Mais personne ne demande combien d’étapes avant que l’IA se plante. Ou combien de fois elle va réserver un vol pour Brest au lieu de Boston. Les démos sont toujours parfaites. La réalité, c’est souvent un bordel sans nom.

Google n’est pas le premier à tenter le coup. Les « navigateurs IA » comme Arc ou Opera ont déjà des features similaires, moins intégrées. Mais avec Chrome qui domine 65% du marché, c’est une autre échelle. Si ça marche, ça normalise l’idée que ton navigateur est un assistant personnel qui agit sans ton intervention directe. Si ça foire, ça donne des milliers d’utilisateurs énervés qui ont perdu du temps, de l’argent, ou les deux.

Et après ?

La vraie question, c’est pas si ça marche techniquement. C’est si on a envie de vivre dans un monde où nos outils numériques prennent des décisions à notre place. Google joue sur deux tableaux : d’un côté, ils vendent de la commodité. De l’autre, ils consolident leur monopole. Et pendant ce temps, Sam Altman doit être vert de jalousie parce que OpenAI n’a pas de navigateur à contrôler.

Pour l’instant, c’est réservé aux abonnés payants US. Un test limité, pour éviter un carnage médiatique si tout explose. Mais si ça décolle, attends-toi à une expansion rapide. Et à des polémiques encore plus rapides sur la vie privée, la responsabilité, et le fait que ton navigateur sait maintenant plus de choses sur toi que ta propre famille.

Alors, prêt à laisser Chrome piloter ta vie numérique ? Moi, j’attends de voir les premiers crash tests. Parce que confier tes finances et ton agenda à une IA qui parfois invente des faits, c’est un pari audacieux. Ou complètement con. À toi de voir.


Sources :

Categories

Comments are closed

Latest Comments

Aucun commentaire à afficher.