On est en 2026, l’IA a déjà remplacé la moitié de ce qu’on apprenait à l’école, et les facs se réveillent juste maintenant pour se demander : « Mais au fait, on prépare les jeunes à quoi ? »
C’est un peu comme se demander si le Titanic devrait changer de direction alors que l’iceberg est déjà dans le salon. Mais bon, mieux vaut tard que jamais, surtout quand The Conversation te balance trois articles en deux jours qui touchent exactement la même plaie.
Le premier, publié ce matin même, pose la question qui fait mal : « The big higher education question in 2026 ought to be: what are we preparing young people for? » Traduction : on est en train de former une génération pour des jobs qui n’existeront plus dans cinq ans, et tout le monde fait semblant de ne pas voir le problème. L’article insiste sur un truc crucial : on ne veut pas juste des diplômés employables, on a besoin de citoyens compétents. Des gens qui savent réfléchir, pas juste exécuter des tâches que l’IA fera mieux qu’eux demain.
Et justement, le deuxième article, publié hier, tombe à pic : « Why failure is a necessary ingredient for success – especially in the era of AI ». L’idée ? Pour avoir une relation saine avec l’IA, il faut apprendre à voir la beauté dans l’imperfection. En gros, arrêter de croire que l’IA va tout résoudre parfaitement, et accepter que l’échec fait partie du jeu. Sauf que voilà : comment tu peux apprendre à échouer si ton éducation te formate à réussir des tests standardisés que l’IA peut passer les yeux fermés ?
Le troisième article enfonce le clou : « Is AI hurting your ability to think? How to reclaim your brain ». Bah oui, l’IA est en train de niquer ta capacité à penser. Parce qu’elle remplace toutes les tâches dont on a la flemme – penser, écrire, créer, analyser. Tu vois le cercle vicieux ? On forme des jeunes à des compétences que l’IA automatisera, donc ils n’apprennent plus à penser par eux-mêmes, donc ils deviennent encore plus dépendants de l’IA. Bravo, on a créé une génération de zombies algorithmiques.
Maintenant, pose ton café et réfléchis deux secondes. On a d’un côté des institutions éducatives qui se demandent encore quoi enseigner, et de l’autre une technologie qui avale littéralement la raison d’être de leur enseignement. C’est comme si les fabricants de bougies organisaient un sommet sur l’avenir de l’éclairage alors qu’Edison vient d’inventer l’ampoule.
Et le pire dans tout ça, c’est que la réponse est sous notre nez. Si l’IA fait le boulot technique, ce qui reste aux humains, c’est tout ce qui est humain : l’éthique, l’empathie, la pensée critique, la créativité réelle (pas celle qui génère des prompts). Mais va expliquer ça à un système éducatif qui note encore sur la capacité à recracher des faits que ChatGPT connaît mieux que le prof.
Alors oui, l’article sur l’échec a raison : il faut apprendre à rater. Mais pas juste pour le plaisir. Pour se rappeler qu’on est humains, imparfaits, et que c’est précisément cette imperfection qui nous rend indispensables face à des machines parfaitement stupides. Le vrai défi de l’éducation en 2026, c’est pas de former des experts en prompt engineering. C’est de former des gens qui savent encore pourquoi ils se lèvent le matin, même quand l’IA peut faire leur boulot.
Parce que sinon, on se réveillera en 2030 avec des diplômés ultra-employables… par des machines. Et là, bonne chance pour être un citoyen capable.
Sources :
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