Hassabis tire la sonnette d’alarme sur la bulle IA, mais Google se croit invincible

Demis Hassabis, le cerveau derrière DeepMind, a sorti le grand jeu dans une interview au Financial Times ce matin. Le mec qui a fait battre des champions de Go avec AlphaGo et qui bosse maintenant pour Google nous sert une analyse économique digne d’un trader en fin de soirée : « L’investissement dans certaines parties de la tech a l’air d’une bulle ». Merci Captain Obvious, on avait pas remarqué les levées de fonds à 10 milliards pour des startups qui promettent de « réinventer l’email avec de l’IA ».

Mais attendez, ça devient croustillant. Hassabis ajoute, avec un petit sourire en coin, j’imagine, que « si la bulle éclate, on s’en sortira ». Traduction : « Les autres peuvent se casser la gueule, mais nous, Google, on a tellement de pognon qu’on survivra même à l’apocalypse ». C’est un peu le discours du gars qui te dit « Faites attention, la piscine est glissante » tout en portant des chaussures antidérapantes.

Tu vois le délire ? D’un côté, Hassabis pointe du doigt l' »exubérance insoutenable » dans le secteur, ce décalage entre les promesses et les réalités commerciales. De l’autre, il rassure les actionnaires en mode « Ne vous inquiétez pas, on est blindés ». C’est le grand classique du dirigeant tech : jouer les prophètes de malheur pour paraître responsable, tout en se positionnant comme le dernier survivant.

Et là, personne ne mentionne le rôle de Google dans cette surenchère. Parce que quand tu balances des milliards dans la recherche IA, que tu rachètes des startups à tour de bras et que tu alimentes la hype avec des annonces tous les six mois, tu fais partie du problème, mon pote. Hassabis critique la bulle tout en profitant du système qui la crée. C’est un peu comme se plaindre du bruit en organisant une rave dans son jardin.

Le pire, c’est que t’as raison sur le fond. L’argent coule à flots dans des projets qui n’ont parfois aucun business model clair. Des entreprises valorisées des milliards sur la seule base d’un PowerPoint qui dit « IA » en gros. Mais est-ce que Google, avec ses propres dépenses pharaoniques en R&D IA, n’a pas contribué à cette frénésie ? Pose-toi la question.

Et ce petit « on sera tranquilles » en cas de krach, ça sent quand même l’arrogance. Parce que dans l’histoire des bulles tech, même les géants ont pris cher. Rappelle-toi la dot-com : des boîtes comme Cisco ou Intel ont survécu, mais elles ont quand même dévissé de 80%. Alors oui, Google a des réserves de cash monstrueuses, mais croire qu’on est immunisé contre les lois de l’économie, c’est un bon moyen de se prendre un mur.

Hassabis, en bon scientifique, a probablement les données pour étayer son propos. Mais son message est typique de ce double discours qui gangrène le secteur : « Attention, danger ! » suivi de « Mais nous, on maîtrise ». Ça permet de faire le malin dans les médias tout en maintenant l’illusion que tout va bien dans le meilleur des mondes.

Alors, bulle ou pas bulle ? À mon avis, on est plus dans une phase de correction inévitable que dans un éclatement cataclysmique. Mais quand le patron de DeepMind lui-même te sort ce genre d’avertissement, c’est peut-être le moment de vérifier si ton portefeuille d’actions IA est aussi solide que tu le penses. Parce que lui, il a son parachute doré. Toi, peut-être pas.


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