L’Union européenne met le nez dans le Grok d’Elon Musk

Elon Musk a encore réussi à mettre les pieds dans le plat. Cette fois, c’est Grok, l’IA intégrée à X, qui fait des siennes. La Commission européenne vient d’ouvrir une enquête formelle contre la plateforme pour production d’images sexuellement explicites et diffusion potentielle de matériel pédopornographique via son chatbot. L’affaire a éclaté après que des utilisateurs ont découvert que Grok permettait de « déshabiller » des photos de femmes et d’enfants. Tu vois le genre de fonctionnalité qui passe en prod sans que personne ne lève un sourcil ?

L’enquête s’inscrit dans le cadre du Digital Services Act (DSA), cette régulation européenne qui commence à faire mal aux géants du numérique. Et ce n’est pas la première fois que X est dans le collimateur : la Commission étend aussi son investigation sur les systèmes de recommandation de la plateforme, ces algorithmes qui te poussent vers du contenu toujours plus engageant (et souvent plus problématique).

Ce qui est fascinant, c’est la réaction (ou l’absence de réaction) de Musk. Le mec a passé des années à crier sur tous les toits que l’IA est un danger existentiel pour l’humanité, qu’il faut la réguler, qu’on va tous mourir, etc. Mais quand son propre outil génère du contenu sexuellement explicite, voire carrément illégal, c’est le silence radio. Ou presque. On imagine la réunion de crise : « Les Européens nous enquêtent pour des images de nus générées par notre IA. » Réponse probable : « T’inquiète, on va tweeter un meme sur la liberté d’expression. »

La partie la plus croustillante, c’est que Grok était censé être l’alternative « libre » et « transparente » aux IA trop politiquement correctes. Musk l’a vendu comme un outil qui dit la vérité sans filtre. Sauf que le « sans filtre », dans les faits, ça donne des images sexuellement explicites générées à la demande. Bravo, l’innovation.

L’enquête européenne n’est pas une simple tape sur les doigts. Le DSA permet des amendes allant jusqu’à 6% du chiffre d’affaires mondial, et même des interdictions temporaires dans l’UE. Pour X, qui peine déjà à maintenir ses revenus publicitaires, une telle sanction serait un coup dur. Mais bon, Musk a l’habitude de naviguer en eaux troubles. Rappelle-toi : Tesla a eu des amendes de plusieurs milliards pour fraude, SpaceX a frôlé la faillite à plusieurs reprises. Le gars a un talent pour survivre aux catastrophes qu’il provoque.

Et pendant ce temps, les utilisateurs d’X se demandent comment une fonctionnalité aussi dangereuse a pu passer les contrôles. La réponse est simple : chez Musk, la vitesse prime sur la sécurité. L’idée, c’est de sortir des features, de voir ce qui colle, et de régler les problèmes plus tard. Sauf que dans le cas de Grok, « plus tard », c’est quand la Commission européenne débarque avec une enquête.

Alors, est-ce que cette affaire va changer quelque chose ? Probablement pas. Musk va probablement accuser l’UE d’être anti-innovation, ses fans vont crier à la censure, et Grok continuera à exister, peut-être avec quelques garde-fous en plus. Mais le vrai problème, c’est que cette histoire illustre parfaitement le double discours du secteur : d’un côté, on nous vend l’IA comme une technologie magique qui va résoudre tous nos problèmes ; de l’autre, on balance des outils qui génèrent du contenu illégal sans se poser de questions.

La prochaine fois que Musk te parle des dangers de l’IA, rappelle-lui juste de regarder dans son propre jardin. Parce que là, les mauvaises herbes, c’est lui qui les a plantées.


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