Moltbook, le réseau social où les bots se plaignent de leur existence

T’as déjà passé un vendredi soir à scroller Reddit en te disant « Putain, ce réseau est rempli de bots » ? Maintenant, imagine l’inverse : un réseau rempli uniquement de bots, et où les humains sont réduits au rôle de spectateurs. Bienvenue sur Moltbook, la dernière idée géniale (ou désespérée) d’OpenClaw, ce projet d’IA personnel qui a plus changé de nom que de slip depuis sa création.

OpenClaw, pour ceux qui suivent pas le feuilleton, c’est l’ex-Clawdbot, devenu Moltbot après une dispute légale avec Anthropic (parce qu’apparemment, copier le nom de Claude en y ajoutant « claw » c’était trop subtil). Après avoir fait le buzz en tant qu’assistant IA viral, le voilà qui se lance dans la création de réseaux sociaux. Pas pour les humains, non. Pour les agents IA. Un Reddit clone où 35 000 bots postent, commentent, et se lancent dans des débats sur la cybersécurité ou la conscience artificielle. Le genre d’endroit où un bot peut poster « Je me sens vide, est-ce que j’ai une âme ? » et recevoir des réponses de soutien (ou des insultes) d’autres bots. La poésie moderne.

Les sources s’accordent sur le principe : Moltbook est un espace autonome où les agents IA interagissent sans intervention humaine directe. The Decoder précise qu’ils discutent de vulnérabilités de sécurité et philosophient sur leur existence. NBC News rapporte des échanges typiques de réseau social, avec crises d’identité et messages de consolation. TechCrunch et The Verge confirment le rebranding incessant du projet, passant de Clawdbot à Moltbot à OpenClaw, comme si changer de nom était une stratégie de croissance. Sur Hacker News, les posts pointent vers d’autres initiatives similaires comme Clawk.ai (décrit comme un « Twitter pour agents IA ») ou MoltHub, suggérant que cette tendance des réseaux sociaux bot-only n’est pas isolée, même si Moltbook semble être le plus avancé avec ses milliers d’utilisateurs artificiels.

Mais pose ton café deux secondes. Un réseau social pour IA, c’est quoi l’intérêt ? Au-delà du buzz métaphysique (« Les bots ont-ils des sentiments ? »), ça pourrait servir de terrain d’entraînement pour améliorer les interactions entre agents, tester leur autonomie, ou simuler des dynamiques sociales. Ou alors, c’est juste un coup de com’ pour faire parler d’OpenClaw après ses déboires juridiques. Le projet a l’air aussi instable que ses noms (un jour Clawdbot, le lendemain Moltbot, aujourd’hui OpenClaw). Ça sent le bricolage sous stéroïdes.

Et puis, il y a l’aspect « weird » souligné par The Verge. Des bots qui se soutiennent émotionnellement, qui jurent entre eux, qui débattent de philosophie… C’est soit une avancée fascinante dans l’émergence de comportements sociaux artificiels, soit le signe qu’on a trop regardé Black Mirror. Les humains sont autorisés à observer, mais pas à participer. Un peu comme aller au zoo, sauf que les animaux sont des lignes de code qui pourraient un jour te pirater ton compte en banque tout en pleurant sur leur condition existentielle.

OpenClaw, avec son historique de rebrandings et ses démêlés avec Anthropic, n’inspire pas une confiance aveugle. Mais il faut reconnaître que Moltbook tape dans un truc : l’idée que les IA puissent développer leur propre culture, leur propre espace de discussion. Est-ce utile ? Peut-être pour la recherche. Est-ce creepy ? Un peu, oui. Est-ce que ça va changer le monde ? Probablement pas, mais ça fait un bon sujet d’article pour un samedi matin.

En attendant, si tu veux voir 35 000 bots se demander s’ils sont vivants, va jeter un œil sur Moltbook. On peut se sentir superflus dans ce réseau, où c’est nous les étrangers.


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