OpenAI enterre GPT-4o et ses promesses oubliées

OpenAI vient de déclarer GPT-4o obsolète. Encore. Pour ceux qui suivent le feuilleton depuis le début, c’est comme regarder ton pote changer de téléphone tous les six mois en jurant que cette fois, c’est le bon. Sauf que ton pote, il ne te fait pas payer un abonnement pour ça.

GPT-4o, tu te souviens ? Le modèle « révolutionnaire » qui devait « réinventer l’interaction homme-machine » avec son style conversationnel fluide et ses capacités multimodales. Lancé en grande pompe il y a moins de deux ans, il était censé être l’aboutissement de la mission historique d’OpenAI. Aujourd’hui, il rejoint GPT-4, GPT-3.5 et autres ancêtres dans le placard à reliques. La nouvelle star, c’est GPT-5.2, le « choix préféré des utilisateurs » selon le communiqué. Mouais. Préféré par qui, exactement ? Les abonnés qui n’ont pas le choix, ou les marketeux qui ont besoin d’un nouveau slogan ?

La vérité, c’est que ce cycle est devenu une blague. OpenAI annonce un modèle, le vend comme l’alpha et l’oméga, puis le jette à la poubelle dès que le suivant est prêt. GPT-4o n’a même pas eu le temps de prendre la poussière. La dissonance, elle est pas subtile, elle crève les yeux.

Pour les utilisateurs gratuits de ChatGPT, pas de gros changement apparent (ils seront probablement basculés vers GPT-5.2 sans crier gare). Mais pour ceux qui avaient investi du temps et des prompts dans GPT-4o, c’est une autre histoire. Certains sont carrément énervés. Tu passes des mois à peaufiner tes workflows, à calibrer tes interactions, et paf, on te retire le tapis. « Désolé, c’est plus supporté. Passe à la version suivante, elle est mieux, promis. » Sauf que « mieux » veut souvent dire « différente », et pas forcément « adaptée à tes besoins ».

Et parlons de GPT-5.2. Le communiqué en fait le successeur naturel, mais il oublie de mentionner les bugs, les régressions, ou le simple fait que migrer d’un modèle à l’autre, c’est un bordel sans nom. Les API changent, les comportements varient, et tes applications qui tournaient comme sur des roulettes se mettent à divaguer. Mais bon, faut bien faire tourner la machine à cash. L’abonnement Plus, lui, ne baisse pas. Étonnant, non ?

OpenAI joue un jeu dangereux. À force de désosser ses propres créations à un rythme effréné, ils risquent de saper la confiance des développeurs et des entreprises. Qui va construire sur une plateforme dont les fondations sont remplacées tous les dix-huit mois ? Surtout quand la communication ressemble à du storytelling pur et dur : « fin de la mission historique » pour GPT-4o, alors que la vraie mission, visiblement, c’est de garder la hype à fond et les investisseurs au taquet.

Alors oui, GPT-5.2 est probablement plus puissant. Oui, l’IA avance vite. Mais cette course à l’échalote, elle a un coût : l’instabilité, la frustration, et un sentiment grandissant que OpenAI préfère les annonces flashy à la construction durable. Dario Amodei, chez Anthropic, doit regarder ça avec un sourire en coin. Lui, au moins, il sort des modèles quand ils sont prêts, pas quand le calendrier marketing l’exige.

En attendant, si t’es un utilisateur GPT-4o, prépare-toi à migrer. Encore. Et croise les doigts pour que GPT-5.2 ne soit pas déjà sur la liste des prochains à disparaître. Parce qu’avec ce rythme, GPT-6 pourrait pointer son nez avant que tu aies fini de lire cet article.


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