Tu te souviens du métavers ? Ce truc où Mark Zuckerberg voulait qu’on passe nos vies dans des réunions Zoom avec des pieds moches et un mal de crâne garanti. Eh bien, c’est fini. Ou en tout cas, mis en pause indéfinie. Sur le dernier call earnings, Zuck a annoncé que 2026 serait « une grande année pour délivrer une super intelligence personnelle ». Traduction : après avoir perdu des milliards dans un univers virtuel que personne ne voulait, Meta se rabat sur l’IA comme un gamin sur du sucre.
Le virage est brutal. Hier encore, on parlait de Horizon Worlds et de Quest Pro. Aujourd’hui, c’est terminé. Les investissements sont redirigés vers les lunettes intelligentes à correction de vision (oui, celles qui te filent des infos en réalité augmentée sans te donner la nausée) et les agents personnels IA. Zuckerberg affirme que l’IA deviendra « le prochain grand format média », rendant les fils d’actualités « plus immersifs et interactifs ». De la photo à l’IA, en somme. Sauf que cette fois, au lieu de juste liker des posts, ton fil sera généré par une IA qui sait ce que tu veux avant même que tu le saches. Ou prétend le savoir.
Meta n’est pas le premier à surfer sur la vague des agents IA, mais c’est probablement celui qui a le plus à perdre (ou à gagner). Après les déboires du métavers, les actionnaires commençaient à s’impatienter. Résultat, Zuck sort le joker IA : des lunettes qui voient pour toi, des agents qui agissent pour toi, et une infrastructure massive pour tout faire tourner. Le tout emballé dans un discours sur « la super intelligence personnelle ». Ça sonne bien, mais concrètement, ça veut dire quoi ?
Probablement un mélange de reconnaissance visuelle améliorée, d’assistants vocaux qui ne plantent pas toutes les deux phrases, et d’un feed social bourré de contenu généré par IA. Le genre de truc qui pourrait soit révolutionner la façon dont on interagit avec la tech, soit finir en usine à gaz intrusive qui collecte encore plus de données sur ta vie. Avec Meta, on a l’habitude du mélange des deux.
Ce qui est marrant, c’est de voir comment Zuckerberg recycle ses échecs. Le métavers, c’était trop tôt, trop cher, et trop mal foutu. L’IA, c’est l’occasion de repartir sur une base « plus concrète ». Sauf que les lunettes IA, ça fait des années qu’on en parle, et jusqu’à présent, c’est surtout Google Glass qui a crashé en beauté. Meta pense avoir la recette magique ? Peut-être, mais leur historique récent n’inspire pas confiance.
Et puis, il y a le timing. Alors que tout le monde parle d’open source, de sécurité, et de régulation, Meta balance un plan agressif sur l’IA sans trop détailler les garde-fous. Zuckerberg aime les grands discours, mais les détails techniques, souvent, restent dans l’ombre. Ça sent le coup de com pour rassurer les marchés, plus qu’une révolution bien pensée.
Difficile de dire si ça va marcher. Meta a les moyens, l’infrastructure, et une base d’utilisateurs monstrueuse. Mais ils ont aussi un talent pour gâcher les bonnes idées avec une exécution foireuse. Si leurs agents IA se plantent autant que leurs avatars métavers, on est pas sortis de l’auberge. En attendant, Zuck a réussi une chose : faire oublier qu’il a brûlé des milliards dans un trou noir numérique. Pour un CEO, c’est déjà une victoire.
La vraie question, c’est : est-ce qu’on a vraiment envie que Meta contrôle encore plus de pans de notre vie numérique ? Parce que des super intelligences personnelles, il y en a déjà qui essayent—Anthropic, OpenAI, même Google—et elles ont au moins le mérite de ne pas être dirigées par un type qui a déjà prouvé qu’il pouvait tout foutre en l’air pour une vision à la con.
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