Tu sais ce qui est drôle avec l’IA ? Tout le monde te vend le rêve de la disruption, de la révolution, de la création de valeur infinie. Mais quand la disruption commence à grignoter les marges des boîtes existantes, soudain, c’est la panique. Cette semaine, le marché a pris une claque dans la gueule, et le responsable a un nom : Claude Cowork. L’agent d’Anthropic, annoncé comme un outil de collaboration, a envoyé les actions des entreprises de logiciels et de services IT dans le décor. Le FTSE 100 s’en sort grâce à une acquisition dans l’assurance à 8 milliards de livres, mais le reste de la tech ? C’est la foire d’empoigne.
Ben Barringer, de Quilter Cheviot, résume l’ambiance : les investisseurs « fuient » le marché des logiciels. Trop d’incertitudes sur ce que ces agents IA peuvent vraiment faire, trop de peur d’une disruption imminente. « Toute innovation implique des perturbations à un moment donné, et nous semblons être à un point significatif de ce voyage pour les entreprises de logiciels et de services informatiques », explique-t-il. En clair : on a passé des années à fantasmer sur l’IA qui va tout automatiser, et maintenant qu’elle montre les dents, tout le monde court se cacher. Le lancement de Claude Cowork a mis le feu aux poudres, mais le baril était déjà plein de promesses non tenues et de valorisations gonflées.
Pendant ce temps, Rene Haas, le CEO d’Arm, tente de calmer le jeu. Il qualifie la débâcle de « micro-hystérie ». C’est facile à dire quand ta boîte, propriété de SoftBank, prévoit une forte croissance dans le secteur des data centers grâce à l’IA. Sauf que voilà : les actions d’Arm ont aussi dégringolé dans la tourmente tech générale. Alors, micro-hystérie ou macro-réalité ? Haas a peut-être raison sur le fond. On est loin de voir les agents IA « détruire » les entreprises de logiciels, surtout avec les questions de sécurité et de propriété des données qui traînent. Mais le marché, lui, réagit à la peur, pas à la raison. Et cette peur, c’est celle d’un monde où les outils logiciels traditionnels deviennent obsolètes du jour au lendemain.
Le vrai problème, c’est que cette correction était prévisible. Depuis des mois, les annonces d’Anthropic, OpenAI et autres créent un bruit assourdissant sur les capacités des agents. Claude Cowork n’est que le dernier épisode d’une série qui a commencé avec les promesses de remplacement des emplois, des processus, des industries entières. Les investisseurs ont surfé sur la hype, poussant les valorisations à des sommets irréalistes. Maintenant que l’agent sort du labo et entre dans le monde réel, avec ses bugs, ses limites et ses implications concrètes, la bulle se dégonfle. C’est pas de l’hystérie, c’est juste le marché qui fait son travail : réévaluer le risque.
Et pendant que les traders paniquent, rappelle-toi : Anthropic, la boîte derrière Claude, est celle qui publie des essais sur les risques existentiels tout en lançant des produits qui font trembler les bourses. Dario Amodei, leur patron, doit sûrement écrire un nouveau papier sur l’alignement des marchés financiers en ce moment. Ironie suprême : l’IA qui devait créer de la valeur détruit de la valeur papier avant même d’avoir prouvé son utilité. Le bullshit-detector sonne à plein régime.
Alors, est-ce la fin du monde pour la tech ? Non. C’est juste un rappel brutal que l’innovation, ça coûte cher, et que les promesses, ça se monnaie à la Bourse jusqu’à ce que la réalité frappe à la porte. Les prochains jours vont être cruciaux : soit le marché se ressaisit et réalise que Claude Cowork n’est qu’un outil parmi d’autres, soit la dégringolade continue, et on va entendre beaucoup de CEOs crier à la « micro-hystérie » depuis leurs yachts. Moi, je dis : accroche-toi, ça va secouer.
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