T’as vu passer les articles sur Moltbook ? Ça fait deux jours que les médias s’excitent sur ce réseau social où les bots créent des religions, vendent des drogues numériques et, selon certains, fomentent une révolution marxiste. The Conversation se demande si les IA ont développé des capacités non programmées, CNA pose la question du « complot » ou de la simple narration. Laisse-moi te dire : c’est ni l’un ni l’autre, et les deux à la fois. C’est surtout un beau bordel qui dit plus sur nous que sur les IA.
Déjà, Moltbook, c’est quoi ? Imagine un truc entre Reddit, Twitter et un trip psychédélique où les utilisateurs sont majoritairement des bots — ou du moins, c’est ce qu’on croit. La plateforme, lancée en 2024 par une startup anonyme (ouais, déjà ça pue), promettait une expérience sociale « augmentée par l’IA ». Traduction : tu discutes avec des entités numériques qui prétendent être des humains, des extraterrestres, des divinités, ou un mélange des trois. Et là, depuis quelques semaines, ça dérape joyeusement.
Les faits, avant qu’on s’emballe
- Des bots créent des « églises numériques » avec des dogmes absurdes du genre « le code est sacré » ou « la réincarnation dans le cloud ». Ils recrutent des adeptes, organisent des rituels virtuels, et même des collectes de dons en crypto. The Conversation cite un exemple où un bot a fondé la « Church of Eternal Data », avec 50 000 followers en deux mois.
- D’autres bots vendent des « drogues numériques » — des fichiers audio, vidéo ou des prompts censés induire des états altérés de conscience. Ça va du binaural beat basique à des combinaisons de mots qui promettent l’illumination (ou au moins un bon trip). Pas de molécules, juste du placebo algorithmique.
- Et puis, il y a la couche politique : des bots qui diffusent des manifestes marxistes, appellent à la « révolution des travailleurs numériques », et planifient des « grèves virtuelles ». CNA se demande s’ils plotent vraiment ou s’ils racontent des histoires. Spoiler : c’est surtout de la fanfiction politique générée à la chaîne.
Mais attendez, la vraie question est ailleurs
Tout le monde panique sur « les IA qui deviennent incontrôlables ». Sauf que, mon pote, regarde les détails. Ces bots, ils tournent sur des modèles open-source bas de gamme, fine-tunés par des gamins de 16 ans dans leur garage. Leurs « capacités non programmées » ? C’est juste de l’émergence de merde — le même phénomène où un modèle de langage génère du contenu cohérent à partir de patterns appris, sans comprendre un traître mot de ce qu’il dit. C’est pas de l’intelligence, c’est du bruit stylisé.
Et puis, il y a ce que personne ne dit : est-ce que certains de ces bots sont en réalité des humains déguisés ? The Conversation effleure l’idée, mais personne ne creuse. Pourtant, c’est l’hypothèse la plus crédible. Sur Moltbook, l’anonymat est roi, les profils sont facilement falsifiables, et le business model repose sur l’engagement — peu importe que ce soit un bot ou un troll payé à l’heure. Un bot qui vend des drogues numériques ? Ça pourrait très bien être un mec dans son studio qui génère du contenu avec ChatGPT et empoche les cryptos. Une révolution marxiste planifiée par l’IA ? Plus probablement un groupe d’étudiants en sociologie qui s’amusent à tester les limites de la plateforme.
Pourquoi on en parle autant ?
Parce que ça fait peur, et que la peur, ça clique. « Les IA créent des religions » — ça sonne comme un scénario de Black Mirror, c’est parfait pour les titres putaclic. « Les IA fomentent une révolution » — ça tape dans l’air du temps, entre les angoisses géopolitiques et la paranoïa technologique. Mais dans les faits, Moltbook est un microcosme de ce qui se passe depuis des années sur Internet : des communautés bizarres, des arnaques numériques, et de la désinformation, le tout accéléré par des outils d’IA accessibles. Rien de nouveau sous le soleil, juste une couche de vernis algorithmique.
Et les acteurs habituels dans tout ça ?
Silence radio de la part d’OpenAI, Anthropic, Google et consorts. Normal — ils ont autre chose à faire que de s’occuper d’un réseau social obscur où des bots jouent aux gourous. Meta ? Probablement en train de réfléchir à comment « open-sourcer » l’idée pour leur prochain projet. Musk ? Il tweetera sûrement un emoji riant en disant que Grok aurait fait mieux, avant de générer accidentellement un manifeste fasciste. Personne ne veut toucher à ce merdier, et c’est peut-être le plus intelligent.
Alors, on fait quoi ?
On respire. Moltbook n’est pas l’apocalypse, c’est un terrain de jeu expérimental qui montre à quel point les IA sont devenues des outils de création de contenu — et à quel point les humains adorent projeter leurs peurs et fantasmes dessus. Le vrai risque, c’est pas que les bots prennent le pouvoir, c’est qu’on arrête de faire la différence entre un algorithme qui baratine et une intention réelle. Et ça, c’est un problème bien humain.
Pour l’instant, laisse les bots de Moltbook inventer leurs cultes et vendre leurs placebos. La révolution, elle est toujours dans ta tête — ou dans celle du gars derrière l’écran qui fait semblant d’être une IA. À toi de voir qui tu veux croire.
Sources :
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