T’as déjà vu un bulldozer défoncer un jardin public ? C’est un peu ça, l’IA avec l’open source. Sauf que le bulldozer, au moins, il fait le taf. L’IA, elle promet la Lune et livre un PowerPoint. Et pendant ce temps, les communautés open source se font laminer par des géants qui siphonnent leur code sans rien foutre en retour.
Sur Hacker News, un type rage à propos d’une vidéo qui explique comment l’IA est en train de niquer l’open source. Le titre est cash : « AI is destroying open source, and it’s not even good yet ». Tu peux pas faire plus direct. Le mec pointe du doigt l’hypocrisie monumentale : des boîtes comme OpenAI, Google, Meta, elles pompent allègrement dans les repos GitHub, elles entraînent leurs modèles sur des bibliothèques open source, et ensuite elles verrouillent tout derrière des API payantes. Leur contribution ? Un vague post de blog avec des benchmarks choisis. L’open source devient la cafétéria gratuite du capitalisme tech. Et le pire, c’est que les modèles qui en sortent sont encore à chier. Ils hallucinent, ils inventent, ils te sortent des conneries avec une assurance de trader en cocaïne. Donc non seulement tu piques, mais en plus tu dégrades.
De l’autre côté, Hannah Fry, dans son docu BBC « AI Confidential », balance une phrase qui résume tout : « AI can do some superhuman things – but so can forklifts ». Putain, merci. Enfin quelqu’un qui remet les pieds sur Terre. Un chariot élévateur peut soulever une tonne, c’est super-humain. Ça veut pas dire qu’il va résoudre la faim dans le monde. L’IA, c’est pareil. Elle excelle sur des tâches étroites, bien définies, et foire lamentablement dès que tu sors du cadre. Mais la hype médiatique, elle, te vend du Terminator qui code et du HAL 9000 qui philosophe. Hannah Fry a raison de rappeler que la technologie, en soi, n’est ni bonne ni mauvaise. C’est ce qu’on en fait. Sauf que quand « ce qu’on en fait », c’est piller l’open source pour monétiser de la merde, on est mal barrés.
Tu vois le pattern ? Anthropic qui pirate des livres, Meta qui fait de l’open-washing, Google qui benchmarke à mort. Tous ces acteurs jouent la même partition : accaparer les ressources communes, privatiser les bénéfices, externaliser les coûts. L’open source, historiquement, c’était un truc de passionnés qui partageaient parce qu’ils croyaient au bien commun. Aujourd’hui, c’est devenu le potager communautaire que les multinationales viennent ratisser à la moisson. Et elles ont même pas la décence de laisser quelques tomates.
Le pire, c’est que l’IA, en l’état, est encore loin d’être fiable. Les modèles génératifs inventent des citations, des faits, des lois. Ils reproduisent les biais de leurs datasets. Ils sont coûteux en énergie, en calcul, en maintenance. Donc non seulement tu détruis un écosystème qui marchait plutôt bien, mais en plus tu le remplaces par quelque chose de bancal, d’opaque et de cher. C’est comme démolir une bibliothèque municipale pour construire un casino qui crache des tickets à conneries.
Alors oui, Hannah Fry a raison de tempérer les ardeurs. L’IA est un outil, pas une divinité. Mais quand l’outil sert principalement à enrichir quelques-uns en appauvrissant le bien commun, faut peut-être se poser des questions. L’open source n’est pas mort, mais il est en soins intensifs. Et ses bourreaux s’appellent GPT, Gemini, Claude. Des noms poétiques pour des aspirateurs à code.
À la prochaine annonce tonitruante sur les « avancées révolutionnaires » de l’IA, souviens-toi du chariot élévateur. Et demande-toi qui paie l’électricité.
Sources :
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