Tu veux savoir comment l’IA transforme la presse ? Regarde News Corp. Robert Thomson, le patron du groupe de Rupert Murdoch, a annoncé un accord de licence de contenu avec Meta qui pourrait rapporter jusqu’à 50 millions de dollars par an. Dans la présentation, il a eu cette phrase en or : nos journaux comme The Australian ou The Times of London sont des « inputs » de qualité pour l’IA. Oui, « input ». Comme un tas de données à ingurgiter. Pas comme des œuvres journalistiques, pas comme des enquêtes, pas comme de l’information critique. Des inputs. La franchise est rafraîchissante, même si elle pue le désespoir.
Le deal en bref
Meta paie pour accéder aux contenus de News Corp — articles, archives, le tout. En échange, News Corp empoche une somme qui, avouons-le, est une paille à côté des revenus publicitaires traditionnels qui s’effondrent. Thomson se vante de parler régulièrement à Sam Altman (OpenAI) et Mark Zuckerberg (Meta). On imagine les conversations : « Salut Mark, on a des inputs frais pour toi. Faut que tu signes. » C’est la nouvelle réalité : les géants de l’IA achètent du contenu comme on achète du café en grains. Et les médias, à court de thune, vendent leur patrimoine pour survivre.
L’ironie du siècle
News Corp, c’est le même groupe qui a passé des décennies à hurler contre le piratage et à défendre la propriété intellectuelle. Aujourd’hui, il brade ses archives à Meta, une boîte dont le modèle économique a largement contribué à saigner la presse. Autant vendre ton rein à celui qui t’a poignardé. Mais bon, quand tu crèves la dalle, tu fais ce qu’il faut. Thomson parle de « fiabilité » et d’infos « difficiles à battre ». Traduction : on a du contenu propre, sans hallucination, parfait pour entraîner vos modèles sans qu’ils inventent des citations bidon. Le summum du compliment.
Et après ?
Ce deal n’est qu’un épisode de plus dans la guerre des contenus. OpenAI a déjà signé avec Axel Springer et d’autres. Google traîne des pieds mais finira par céder. Les médias deviennent des fournisseurs de données pour des IA qui, à terme, pourraient les remplacer. La boucle est bouclée : tu vends ta matière première à celui qui va t’écraser. Thomson, lui, semble s’en foutre. Il voit l’avenir en rose : « Nos contenus sont précieux pour l’IA. » Ouais, comme du minerai pour une usine. La dignité journalistique ? Un concept dépassé.
Alors, qui gagne ? Meta se gave de contenu propre à moindre coût. News Corp empoche quelques millions pour retarder l’inévitable. Et nous, on se retrouve avec des IA nourries aux articles de The Sun et du Wall Street Journal. Est-ce que ça va améliorer les modèles ? Probablement. Est-ce que ça sauvera la presse ? Foutre non. C’est juste un pansement sur une jambe de bois. Mais hey, au moins, Thomson assume. Dans un monde de bullshit, un peu d’honnêteté cynique, ça fait du bien. Même si ça pique.
Sources :
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