Sam Altman a dû se lever du bon pied ce matin. Ou alors il a vu que les résultats du trimestre allaient être aussi joyeux qu’un enterrement, et il a fallu lancer une petite annonce pour faire diversion. Ce mardi, OpenAI dévoile donc que ChatGPT peut générer des « explications visuelles interactives » pour aider à comprendre les maths et les sciences. En gros, au lieu de te sortir un bloc de texte qui t’explique le théorème de Pythagore comme un bouquin poussiéreux, ChatGPT va te pondre un petit schéma dynamique où tu peux bouger les variables et voir le triangle se déformer en temps réel.
Sur le papier, c’est sympa. Ça sent la feature pensée pour les profs et les étudiants qui en ont marre de regarder des slides PowerPoint depuis 2020. Et soyons honnêtes, c’est probablement utile. Mais voilà, quand tu gratte un peu sous la surface, tu te rends compte qu’OpenAI, une fois de plus, est en train de vendre du vent habillé en révolution.
D’abord, parce que ce genre de truc, ça existe déjà depuis un bail. Des outils comme Desmos ou GeoGebra te permettent de manipuler des fonctions et des figures géométriques depuis des années. ChatGPT ne fait que coller une interface conversationnelle par-dessus, avec le risque bien connu que le modèle invente des données ou te sorte une visualisation bancale. Tu vas demander une explication sur la mécanique quantique, et il va te générer un graphique qui a autant de sens qu’une blague de Musk à 3h du mat’. Mais bon, c’est interactif, donc c’est moderne.
Ensuite, parce que c’est typique de la stratégie OpenAI : prendre une idée qui traîne depuis longtemps, l’enrober dans du machine learning, et la présenter comme la prochaine grande avancée. On se souvient de ChatGPT-4o qui promettait de « révolutionner la communication », et qui au final faisait à peu près la même chose que les autres, mais avec une voix un peu moins robotique. Là, c’est pareil. Ils ajoutent une couche de visualisation à un modèle qui reste fondamentalement un générateur de texte, et hop, on a un article dans TechCrunch et un post de blog bien léché.
Le plus drôle, c’est que dans le post de blog, ils parlent d' »aider les étudiants à explorer des concepts en temps réel ». Mais est-ce que quelqu’un a demandé aux profs ce qu’ils en pensent ? Parce que je parie que la première fois qu’un élève va lui demander de visualiser la courbe de Gauss et que ChatGPT va sortir un truc aberrant, le prof va devoir déboguer l’IA en plus de corriger les copies. L’assistant qui devient le problème.
Et puis, il y a l’éternelle question de la transparence. OpenAI est toujours aussi opaque sur les données d’entraînement de ces nouvelles features. Est-ce qu’ils ont pompé des bibliothèques de visualisations existantes sans crédit ? Est-ce que les modèles sous-jacents sont les mêmes qui génèrent du contenu pédopornographique quand on les pousse un peu ? Mystère. Mais on va pas chipoter, hein, c’est pour la science.
Au final, cette annonce, c’est du wrapping paper sur une boîte vide. Ça fait joli, ça donne l’impression d’innover, mais dans les faits, c’est une itération mineure dans la longue liste des « améliorations » de ChatGPT. OpenAI continue de jouer au magicien qui sort des lapins de son chapeau, sauf que le lapin, on l’a déjà vu dix fois. Reste à voir si les utilisateurs vont vraiment s’en servir, ou si ça va finir comme les autres gadgets oubliés dans un coin de l’interface.
La prochaine fois, peut-être qu’ils annonceront que ChatGPT peut maintenant compter jusqu’à dix. Avec des graphiques interactifs, bien sûr.
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