Adobe a annoncé ce matin un assistant IA pour Photoshop. Tu peux maintenant lui demander de retoucher tes photos en langage naturel. « Rends-moi ce ciel plus bleu », « efface ce photobomber », « ajoute une licorne à droite ». Sur le papier, c’est sexy. En pratique, c’est surtout un coup de com’ pour essayer de te faire croire que ton abonnement à 60 balles par mois est enfin justifié.
L’assistant est en bêta publique sur Photoshop web et mobile. D’après Adobe, il sera bientôt déployé sur Acrobat et Express. Le pitch : « Agentic AI features ». Traduction marketing : on te vend des outils qui font ce que tu faisais déjà, mais avec plus de buzzwords. Leur Firefly, le moteur d’IA générative maison, est aussi mis à jour avec de nouvelles fonctionnalités de retouche. Parce que visiblement, rajouter des filtres et des calques, c’était devenu trop simple.
Mais regardons les choses en face. Adobe est en mode panique depuis que des outils comme Midjourney, Stable Diffusion et Canva ont commencé à grignoter son marché. Photoshop, c’est le dinosaure du design : puissant, mais lourd, cher, et avec une interface qui n’a pas évolué depuis que tes parents faisaient du scrapbooking. L’IA, c’est leur Hail Mary pour rester pertinent. Sauf que leur approche, c’est typiquement du corporate washing : prendre une tech à la mode, la greffer sur un produit existant, et espérer que les utilisateurs mordent.
Le truc marrant, c’est que cet assistant IA, il tourne sur Firefly. Le même Firefly qui a été entraîné sur des images sous licence Adobe Stock, et qui a été critiqué pour ses résultats souvent plats et peu créatifs. Donc tu paies pour un abonnement, tu utilises un assistant limité par son entraînement maison, et tu dois encore vérifier chaque modification parce que l’IA a tendance à halluciner des détails. Le cercle vicieux parfait.
Et pendant ce temps, Adobe continue de verrouiller ses utilisateurs dans l’écosystème Creative Cloud. L’assistant IA ? Disponible uniquement si tu es abonné. Les nouvelles features de Firefly ? Idem. C’est du SaaS à l’ancienne : tu paies tous les mois, tu n’es propriétaire de rien, et chaque « innovation » est juste une excuse pour augmenter les tarifs ou justifier le modèle. Ils parlent d' »agentic AI », mais le seul agent ici, c’est celui qui prélève automatiquement sur ta carte bancaire.
Est-ce que cet assistant va changer la donne ? Probablement pas. Pour les pros, les raccourcis clavier et les actions prédéfinies resteront plus rapides que de dicter ses modifications à un chatbot. Pour les amateurs, des outils gratuits ou moins chers font déjà le job. Mais pour Adobe, c’est une façon de dire : « Regardez, on est aussi dans la course IA ! » même si on a dix ans de retard et une philosophie produit qui sent le réchauffé.
La vraie question, c’est : est-ce que cet assistant va rendre Photoshop plus accessible, ou est-ce juste un gadget pour faire joli dans les communiqués de presse ? À en juger par l’historique d’Adobe, mise sur la deuxième option. Mais bon, au moins, tu pourras demander à une IA d’ajouter une licorne à ta photo de vacances. Le progrès, quoi.
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