Le conseil de North Lincolnshire a donné son feu vert hier pour un campus de datacentres IA à Scunthorpe. 900 emplois qualifiés à la clé, annoncent les politiques. Les émissions de CO2 équivalentes à tous les vols intérieurs du Royaume-Uni, répondent les militants. L’habituel ballet entre la promesse économique et le coût environnemental, mais cette fois avec une touche d’IA pour faire plus branché.
Le projet, baptisé Elsham Tech Park, s’installera près de la zone industrielle d’Elsham Wolds. Vote unanime du conseil, sans débat apparent. « On attire l’avenir », doivent-ils se dire en se tapant dans le dos. Sauf que l’avenir, quand il tourne à plein régime, il chauffe. Et pas qu’un peu. Les opposants estiment que les émissions du site pourraient rivaliser avec celles de tous les vols domestiques britanniques. De quoi faire passer un A320 pour un vélo électrique.
La BBC, sobre, se contente de mentionner les 900 emplois. The Guardian, plus taquin, rappelle les avertissements écologiques. La dissonance est parfaite : d’un côté, la com’ corporate qui vend du rêve high-tech ; de l’autre, la réalité physique d’une infrastructure qui va pomper de l’énergie comme un aspirateur dans une piscine. L’IA, c’est magique, mais les serveurs, eux, ils ont besoin de watts. Beaucoup de watts.
Et Scunthorpe, dans tout ça ? Une ville du Lincolnshire pas exactement connue pour sa scène tech. L’arrivée d’un datacentre IA, c’est un peu comme si Elon Musk décidait d’ouvrir une usine de fusées dans un village de Provence. Sur le papier, ça fait moderne. En pratique, ça va surtout consommer de l’électricité locale, probablement pas verte à 100%, et générer de la chaleur qu’il faudra refroidir à grands coups de climatisation. Le cercle vicieux classique : plus de puissance pour l’IA, plus d’énergie, plus d’émissions.
Les conseillers ont voté à l’unanimité. Pas une abstention, pas un questionnement. On dirait presque qu’ils ont oublié que l’urgence climatique, c’est pas une option dans un menu déroulant. Mais bon, 900 emplois, ça calme les scrupules. Surtout dans une région qui n’a pas vu débarquer Google ou Meta depuis un moment. L’IA devient le nouveau graal économique, même si ça signifie ouvrir une centrale à charbon déguisée en parc technologique.
Et les émissions comparées aux vols domestiques ? C’est pas une métaphore. Les datacentres, surtout ceux dédiés à l’entraînement de modèles géants, sont des gouffres énergétiques. Ajoute à ça la cooling, la maintenance, et tu obtiens un bilan carbone qui fait pleurer Greta. Les promoteurs du projet vont sûrement sortir un communiqué sur les « énergies renouvelables » et la « compensation carbone ». Le greenwashing habituel, enrobé de jargon tech.
Au final, Scunthorpe aura son datacentre. L’IA britannique aura un peu plus de puissance de calcul. Et l’atmosphère, elle, encaissera un nouveau coup. La course à l’IA, c’est aussi une course à l’énergie. Et pour l’instant, personne ne veut ralentir. Même quand le GPS montre clairement qu’on fonce dans le mur.
T’imagines, dans cinq ans : « Désolé pour le réchauffement climatique, mais au moins ChatGPT 7 répond plus vite. » Priorités, quand tu nous tiens.
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