Val Kilmer est mort. Val Kilmer va tourner un film. Entre les deux, il y a un contrat signé par son héritage et une flopée d’avocats qui viennent de définir l’avenir du cinéma posthume. Pas besoin de scénariste pour ce twist, l’argent suffit.
Le projet, As Deep As the Grave, est un drame sur des archéologues des années 1920. Kilmer y était attaché avant de mourir d’un cancer de la gorge l’année dernière, à 65 ans. Maintenant, c’est une version IA de l’acteur qui va occuper l’écran, avec la bénédiction de sa famille et de son estate. Les sources convergent là-dessus : The Guardian et NBC News confirment que la permission a été obtenue, et que Kilmer devient ainsi « le dernier » en date d’une liste qui s’allonge.
Mais arrêtez de croire que c’est une révolution artistique. C’est une transaction commerciale. L’IA n’est qu’un outil ici, le vrai jeu se joue dans les bureaux d’avocats qui négocient les droits d’image post-mortem. La famille Kilmer a dit oui, donc légalement, c’est clean. Éthiquement, c’est une autre paire de manches.
On parle de résurrection numérique, mais en réalité, c’est du deepfake amélioré avec un cachet de star. La technologie existe depuis des années, ce qui change, c’est la normalisation. Après James Dean, après Carrie Fisher, après tous les autres, Kilmer s’ajoute à la liste des acteurs dont la carrière continue après le décès. Sauf que lui, il n’a même pas eu le temps de tourner une scène avant de mourir. Tout sera généré.
Et c’est là que ça pue. Le film est présenté comme un « drame vrai », une histoire d’archéologues. L’ironie est palpable : on déterre littéralement un acteur pour une histoire sur des gens qui fouillent le passé. Hollywood n’a plus besoin de scénarios originels, il suffit de recycler les morts. La boucle est bouclée.
Mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas de l’art, c’est du business. Les producteurs économisent sur les caprices d’une star vivante, l’héritage empoche des royalties, et le public se retrouve avec un spectacle de zombies numériques. Tout le monde y gagne, sauf peut-être l’intégrité artistique. Et encore, à l’ère des blockbusters formatés, qui s’en soucie ?
La vraie question, c’est : jusqu’où ira-t-on ? Bientôt, on ressortira Marlon Brando pour un nouveau Parrain, avec un script écrit par ChatGPT et une performance générée par Midjourney. Les familles diront oui, les avocats signeront, et les cinémas se rempliront. L’IA n’est pas le problème, c’est l’appât du gain qui corrompt tout. Kilmer méritait mieux qu’une résurrection en pixels, mais dans cette industrie, la mort n’est plus une fin, c’est une opportunité de marché.
Alors oui, regardez As Deep As the Grave quand il sortira. Mais souvenez-vous que derrière l’écran, il n’y a pas d’acteur, il n’y a que des contrats et des algorithmes. L’art du cinéma ? Il est six pieds sous terre.
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