Alors que Sam Altman continue de prédire l’apocalypse dans un coin et de lever des milliards dans l’autre, son équipe semble enfin se rendre compte d’un truc : leur écosystème de produits, c’est le bordel. Selon un rapport du Wall Street Journal relayé par The Verge et Economic Times, OpenAI bosse sur un « superapp » de bureau qui fusionnerait ChatGPT, Codex (leur plateforme de codage) et Atlas (leur navigateur propulsé par IA). La manœuvre, pilotée par Greg Brockman, vise à simplifier l’expérience utilisateur et à rationaliser les efforts. Autrement dit, après avoir lancé une flopée d’outils en mode « on verra bien », ils tentent maintenant de recoller les morceaux.
Sur le papier, ça a du sens. ChatGPT par ici, Codex par là, Atlas ailleurs — l’utilisateur moyen doit jongler entre trois interfaces, trois abonnements potentiels, et trois degrés de fiabilité différents. Surtout quand la concurrence s’intensifie, avec des rivaux comme Anthropic qui, malgré leur propre hypocrisie, au moins présentent des produits un peu plus cohérents. Mais bon, simplifier l’expérience utilisateur, c’est bien. Le vrai défi, c’est de savoir si ce superapp ne va pas juste concentrer la merde dans un seul endroit.
Parce que rappelons les faits : ChatGPT génère encore des hallucinations à tour de bras, Codex a des ratés dignes d’un stagiaire en burnout, et Atlas, leur navigateur, a été accueilli avec un enthousiasme modéré, pour rester poli. Les fusionner en une seule appli, c’est un peu comme réunir trois conducteurs bourrés dans une seule voiture : tu centralises le problème, mais t’améliores pas la conduite. Et avec la culture produit d’OpenAI, où la course aux features prime sur la stabilité, on peut s’attendre à un truc surchargé, buggé, et vendu comme « révolutionnaire ».
Greg Brockman à la manœuvre, c’est intéressant. Le gars a la réputation d’être un technicien solide, mais même lui doit se battre contre la culture du « ship first, fix later » qui règne chez OpenAI. Ce superapp, s’il voit le jour, pourrait être un test : réussiront-ils à livrer quelque chose de vraiment intégré, ou juste un agrégat mal ficelé de leurs outils existants ?
En attendant, le timing est parlant. OpenAI traverse une période de turbulence — pertes financières abyssales, procès en série, pression réglementaire — et cette annonce sent le coup de com’ pour montrer qu’ils « simplifient » et « unifient ». Comme d’habitude, le discours est vertueux, mais les actes restent à prouver. Et avec leur historique, on a le droit d’être sceptique.
La vraie question, c’est pas si ce superapp va exister, mais s’il va résoudre quoi que ce soit. Parce que rationaliser des outils foireux, ça donne juste un outil foireux rationalisé. Mais bon, au moins, ça fera un joli slide pour la prochaine levée de fonds.
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