Le Monde.fr
L’Iran n’a pas peur des grands noms. Alors que les tensions avec les États-Unis montent d’un cran, l’Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC) a publié une vidéo menaçant explicitement de frapper le datacenter ‘Stargate’ d’OpenAI à Abou Dabi si Washington s’attaque aux centrales électriques iraniennes. C’est du sérieux, et ça transforme soudainement une infrastructure tech en pièce d’échecs géopolitique.
La vidéo, diffusée le 3 avril sur un compte X lié à l’État iranien, ne laisse pas de place à l’ambiguïté. On y voit des images de cibles militaires et un message clair : pour chaque coup porté à leurs infrastructures énergétiques, les Iraniens riposteront en visant des centres de données ‘liés aux États-Unis’. Et Stargate, ce projet pharaonique d’OpenAI censé révolutionner l’IA avec des puissances de calcul monstrueuses, se retrouve en première ligne.
Imaginez. Un datacenter qui coûte des milliards, bourré de GPU aussi rares que des licornes, pourrait finir en fumée parce que Sam Altman a choisi Abou Dabi comme terrain de jeu. L’ironie est savoureuse : OpenAI passe son temps à nous parler de risques existentiels liés à l’IA, et voilà que leur bébé est menacé par des missiles bien réels. Pas besoin d’une superintelligence malveillante, un bon vieux conflit géopolitique fait l’affaire.
Abou Dabi n’est pas un hasard. Les Émirats arabes unis jouent un double jeu : alliés stratégiques des États-Unis, mais aussi partenaires économiques de l’Iran. Stargate, c’est le symbole de cette ambivalence. OpenAI y voit un hub pour son expansion mondiale, l’IRGC y voit une cible idéale pour faire mal sans déclencher une guerre totale. C’est du calcul froid, et ça montre à quel point la tech est devenue un enjeu de puissance.
Et pendant ce temps, OpenAI ne fait rien. Silence radio. Pas de communiqué, pas de réassurance. Juste le bruit des serveurs qui tournent et la peur des investisseurs. Parce que frapper Stargate, ce n’est pas juste détruire du hardware. C’est mettre à genoux un projet qui devait propulser l’IA vers de nouveaux sommets. Les retards, les coûts explosifs, la perte de données… la liste des dégâts potentiels donne le vertige.
L’Iran, lui, sait très bien ce qu’il fait. Menacer un datacenter d’OpenAI, c’est toucher au cœur de l’économie numérique américaine. C’est rappeler que derrière les lignes de code, il y a des câbles, des bâtiments, et des vulnérabilités. Dans un monde où la guerre se joue aussi dans le cyberespace, pointer des missiles sur du concret, ça a une autre gueule.
Et nous, on reste là, à regarder ce cirque. Des chercheurs nous préviennent que l’IA pourrait anéantir l’humanité. À l’opposé, des militaires menacent de réduire en cendres les machines qui la font tourner. La boucle est bouclée. L’apocalypse, finalement, elle pourrait bien venir d’une salle serveur à Abou Dabi, pas d’un algorithme fou.
Alors, prêt pour la suite ? Parce que si Stargate prend un missile, ça ne sera pas qu’un problème pour OpenAI. Ce sera un signal clair : la tech n’est plus un sanctuaire. Elle est sur la carte des cibles, et tout le monde le sait.
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