T’as déjà vu un requin manger un autre requin ? C’est ce qui se passe en ce moment dans le monde des outils de design. Mike Krieger, le CPO d’Anthropic, vient de quitter le board de Figma. Officiellement, c’est un départ personnel. Officieusement, c’est parce qu’Anthropic bosse sur un outil de design intégré à son prochain modèle Opus 4.7, un truc qui pourrait bouffer le marché de Figma à la petite cuillère.
Figma, tu connais. C’est l’outil de design collaboratif qui a fait suer des générations de designers et de devs. Valorisé à 10 milliards, racheté par Adobe pour 20 milliards avant que la régulation bloque le deal. Un mastodonte. Et pourtant, voilà qu’Anthropic, le labo IA qui passe son temps à écrire des essais sur les risques existentiels, se prépare à lui marcher sur les plates-bandes.
Le timing est savoureux. Krieger dégage du board de Figma jeudi. Vendredi, les rumeurs enfle : Opus 4.7, le prochain gros modèle d’Anthropic, embarquerait des fonctionnalités de design avancées. Pas juste un générateur d’icônes ou un color picker intelligent. Non, un truc qui pourrait faire du wireframing, du prototypage, du design system, le tout en mode agentique. L’IA qui bosse toute seule, en gros.
C’est pas la première fois qu’un labo IA vise le marché du software traditionnel. OpenAI a déjà Copilot pour le code, et ils testent des agents pour le design. Mais là, Anthropic vise directement le cœur de cible de Figma. Le message est clair : on ne veut plus juste être un outil dans la chaîne, on veut être la chaîne.
Les investisseurs appellent ça la « SaaSpocalypse ». L’idée que les gros labos IA vont bouffer les boîtes de software une par une, en intégrant leurs fonctionnalités directement dans leurs modèles. Pourquoi payer 20€/mois pour Figma si ton abonnement à Claude Pro te donne un outil de design intégré ?
La stratégie d’Anthropic est intéressante. Pendant des mois, ils ont joué les gentils, les responsables, les safety-first. Et maintenant, ils préparent un modèle qui pourrait dégommer une des plus grosses success stories du SaaS. Dario Amodei écrit des papiers sur l’alignement pendant que ses ingénieurs codent un concurrent à Figma. Dire tout et son contraire, c’est un sport national chez ces gens.
Ce qui est marrant, c’est que Figma lui-même utilise de l’IA. Ils ont des features d’auto-layout, de génération de composants. Mais c’est de l’IA assistée, pas agentique. La différence, c’est que l’IA assistée t’aide à faire ton travail. L’IA agentique le fait à ta place. Et c’est exactement ce qu’Anthropic prépare.
Les implications sont énormes. Si Opus 4.7 fait du design aussi bien qu’un humain (ou presque), c’est toute l’industrie du design tool qui tremble. Adobe, Sketch, InVision, tous ces acteurs qui se croyaient à l’abri parce qu’ils ont des années d’avance sur l’UX. Sauf que l’IA, elle s’en fout de l’UX. Elle génère du code, des interfaces, des prototypes, sans passer par 50 menus contextuels.
Et le pire, c’est que ça pourrait marcher. Les designers détestent déjà Figma pour ses bugs, sa lourdeur, son pricing agressif. Si Anthropic arrive avec un truc simple, intégré à leur workflow existant, et moins cher… ça pourrait faire mal. Très mal.
Reste à voir si le produit sera à la hauteur. Les promesses des labos IA, on connaît. Ils annoncent la révolution tous les mois, et au final, tu te retrouves avec un générateur de boutons qui plante à la moindre contrainte. Mais cette fois, c’est différent. Anthropic vise un marché mature, avec des clients prêts à payer, et une concurrence qui s’est endormie sur ses lauriers.
La leçon, c’est que personne n’est à l’abri. Pas même les géants du SaaS. Les labos IA ne veulent plus être des fournisseurs de technologie. Ils veulent être les plateformes. Et pour ça, ils sont prêts à bouffer tout ce qui se trouve sur leur chemin. Même leurs propres partenaires.
La prochaine étape, peut-être qu’OpenAI va lancer un concurrent à Notion. Ou que Google va intégrer un Photoshop dans Gemini. La course est lancée, et les cadavres vont s’accumuler. Krieger a juste sauté du bateau avant qu’il ne coule.
Et pendant ce temps, Dario Amodei va sûrement publier un papier sur les risques éthiques de l’IA dans le design. Histoire de bien rigoler.
Sources :
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