Anthropic pousse le bouchon à 900 milliards de dollars et fait exploser les comptes de Google et Amazon

Google et Amazon affichent des profits en hausse de 80% sans que leurs métiers de base explosent vraiment. La raison s’appelle Anthropic. Autant devenir riche en vendant des tickets à une fête que tu organises toi-même.

Le jackpot de l’auto-engraissement

Alphabet a annoncé un bénéfice de 62,6 milliards de dollars au premier trimestre 2026. Amazon, 30,3 milliards. Bravo. Sauf que 28,7 milliards chez Google viennent de la réévaluation de sa participation dans Anthropic. Chez Amazon, 16,8 milliards de dollars de gains avant impôts viennent du même endroit. Soit plus de la moitié du bénéfice net pour le premier, et carrément la moitié du résultat avant impôt pour le second.

Le mécanisme est simple : quand Anthropic lève des fonds à une valorisation plus élevée, les participations de Google et Amazon prennent de la valeur. Et comme ces géants investissent aussi dans la société, ils participent à faire monter la valorisation… qu’ils comptabilisent ensuite en profit. C’est le serpent qui se mord la queue, mais en version comptable.

Robert Willens, consultant fiscal et ancien professeur à Columbia, résume : « Il est intéressant de voir qu’ils peuvent contrôler ou influencer la valeur d’un de leurs propres actifs, et qu’ils peuvent le faire en engageant des transactions avec cette entité. » En clair, c’est une écriture comptable presque magique.

La machine à cash qui tourne à plein régime

Anthropic, de son côté, ne s’arrête pas. La société prépare une levée de 40 à 50 milliards de dollars à une valorisation de 850 à 900 milliards. Pour mémoire, en février 2026, elle valait 380 milliards. En un trimestre, c’est du simple au double. Et son chiffre d’affaires annualisé serait passé de 9 milliards fin 2025 à près de 45 milliards aujourd’hui — une multiplication par 5 en à peine six mois.

Les moteurs de cette croissance ? Claude Code pour les développeurs et Cowork pour les non-tech. Deux outils de codage et de collaboration qui cartonnent, malgré des goulots d’étranglement capacitaires qui font parfois râler les clients. Mais vu l’appétit des investisseurs — un fonds institutionnel prêt à mettre 5 milliards n’a même pas obtenu de rendez-vous avec le CFO — Anthropic peut se permettre d’être difficile.

Ce qui est clair : quand la moitié des profits de Google et Amazon sortent d’une boîte dans laquelle ils investissent eux-mêmes, le risque de bulle n’est pas un mythe.

Le timing de l’IPO

Anthropic envisagerait une introduction en Bourse dès fin 2026. Après cette levée, ce serait son dernier tour de table privé. De quoi offrir une sortie aux investisseurs qui se bousculent au portillon. Mais attention : si les profits de Google et Amazon dépendent autant des réévaluations d’Anthropic, que se passera-t-il quand la société sera cotée et que ses actions fluctueront au gré du marché ? Les comptes des géants risquent de danser la valse.

En attendant, le spectacle continue. Anthropic devient peut-être la startup la plus chère du monde. Ses investisseurs actionnaires, eux, empochent des profits virtuels qui font saliver Wall Street. Personne ne sait vraiment si cette machine est solide ou si elle tient par la grâce d’une écriture comptable bien ficelée.

Mais bon, tant que les tickets s’arrachent, la fête continue. Et toi, tu as déjà acheté des parts d’Anthropic sur le marché secondaire ?


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