BYD déploie 20 000 robots humanoïdes dans ses usines, Nvidia fournit le cerveau

Si tu veux un robot qui soulève 50 kilos, marche à 1,5 m/s, et tient sur ses deux jambes sans tomber comme un ivrogne, BYD a ce qu’il te faut. Le constructeur automobile chinois a confirmé le déploiement en masse de son robot humanoïde « Yao Shun Yu » (clin d’œil aux empereurs mythiques, parce que pourquoi pas) avec 20 000 unités prévues pour l’année prochaine. Le prototype en est à sa septième génération, fruit d’un programme lancé en 2022 par une équipe R&D de 4 000 personnes. C’est le genre de chiffre qui fait tourner la tête : 4 000 ingénieurs pour un robot, tu paries que le projet était prioritaire.

Mais le plus intéressant, c’est ce que confie Spencer Huang, le responsable robotique de Nvidia, à Wired : le cerveau du robot, c’est du made in Silicon Valley. Les « jambes » chinoises, le « cerveau » américain. Ironique, alors que les tensions géopolitiques entre les deux pays ne cessent de monter. Mais l’industrie, elle, n’a pas le temps d’attendre que les politiques s’accordent. BYD veut ses robots le plus vite possible, et Nvidia a la meilleure offre de calcul embarqué. Résultat : ça bosse dans les usines dès cette année, avec une capacité de charge de 50 kilos et une vitesse de marche qui dépasse largement un humain moyen (on marche à environ 1,4 m/s).

Sauf que 20 000 robots, ça ne se sort pas du chapeau. BYD prévoit de les déployer en interne d’abord, dans ses propres lignes de production. Pas question de vendre ça à tout le monde tout de suite. L’idée, c’est de transformer ses usines en laboratoires géants pour accumuler des données d’entraînement. Un peu comme Tesla avec Optimus, mais avec un ordre de grandeur plus concret.

Reste à voir si ce déploiement massif va réellement tenir les délais. On a déjà vu des promesses de robots humanoïdes se casser la figure. Mais BYD n’est pas une startup en mal de levée de fonds : c’est le plus grand constructeur de véhicules électriques au monde, avec une chaîne d’approvisionnement qui pourrait avaler des milliers de robots sans sourciller. Si quelqu’un peut industrialiser le humanoïde, c’est peut-être eux.

Et Nvidia dans tout ça ? Pendant que Jensen Huang vante les agents physiques, son équipe robotique place les puces dans les corps les plus musclés de la planète. Le « beefcake » du titre Wired n’est pas une vanne : ce robot est un sacré baraqué. Et son cerveau, c’est une puce américaine. La mondialisation de l’IA, version hardcore.


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