General Motors promet une voiture neuve en deux ans au lieu de cinq. Et pour y arriver, le constructeur a mis le paquet : 40 millions de dollars pour débaucher Sterling Anderson, l’ancien chef d’Autopilot chez Tesla et cofondateur d’Aurora Innovation, et une armada d’outils de simulation dopés à l’IA. Résultat : le Hummer électrique est passé de l’esquisse au showroom en deux ans, là où ses prédécesseurs thermiques mettaient quatre à cinq berges.
Anderson, aujourd’hui chief product officer chez GM, voit trois ères dans le design. D’abord l’empirique : on copiait les oiseaux pour voler, on construisait des prototypes, on essayait. Puis le virtuel avec la CAO et la CFD dans les années 50 : mieux, mais on se passait encore le bébé comme un relais foireux. Et maintenant l’âge de l’IA et de la simulation unifiée. Un changement de design qui prenait 15 heures de calcul coûte désormais moins d’une minute. Jason Fischer, le boss de l’intégration virtuelle chez GM, montre un Cadillac Escalade IQ qui négocie une double chicane dans le simulateur, sans quitter le bureau de Detroit. « On peut faire des calibrations virtuelles complètes avant qu’un seul véhicule soit construit », vante-t-il.
L’IA s’attaque même à la Corvette. Le support de hayon, moulé en forme de racine d’arbre par un générateur de design physique, est plus léger, plus rigide et plus durable que l’original. GM vise 2 millions de simulations par semaine pour ses véhicules autonomes, et adapte même les lois de la physique pour concevoir des pneus pour le rover lunaire de la NASA. Bref, l’IA, ça construit des bagnoles plus vite, mieux, et avec moins de sueur.
Pendant ce temps-là, dans un tout autre registre, des chercheurs rappellent que l’IA ne fait pas tout – surtout quand il s’agit de gosses. Un article publié dans The Conversation alerte : les enfants qui parlent à Alexa, Siri ou ChatGPT n’ont pas la maturité pour distinguer une machine d’un humain. Et les conséquences sur leur développement socio-émotionnel ne sont pas neutres. « Les adultes doivent guider les interactions des enfants avec l’IA et leur apprendre la différence entre parler à une machine et à un humain », écrivent les auteurs. Traduction : laisser un môme de quatre ans causer tout seul à un assistant vocal, c’est peut-être pas l’idée du siècle.
Alors oui, l’IA peut pondre une caisse en deux ans ou expliquer la météo, mais elle ne remplace pas un parent qui écoute. C’est un peu le message de MOGWAI depuis le début : l’IA, c’est un outil, pas un substitut. GM l’a compris en gardant ses ingénieurs dans la boucle. Les parents feraient bien de suivre le même chemin. Assistants, pas remplaçants – que ce soit sur la Lune ou dans le salon.
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