Le déjeuner des comptables est servi.
Souviens-toi, y’a pas si longtemps, on t’expliquait que l’IA allait te libérer 11 heures par semaine – pour finalement en passer 6 à la surveiller. Aujourd’hui, c’est ta carte bleue qui trinque.
Les sourciers du token ont parlé. Amazon, Walmart, Uber – les gros poissons qui avaient gobé l’hameçon de l’IA générative – viennent de sortir les ciseaux. C’est le Financial Times qui balance : des plafonds de tokens, des alertes de gaspillage, des managers qui supplient leurs équipes d’arrêter de faire causer le bot comme s’il était gratuit. Bref, on passe du « déployez sans limite » au « tu cliques, tu rembourses ». Bienvenue dans l’ère du token rationné.
Pendant ce temps, Accenture se prend une droite en Bourse. Son action a dégringolé à son plus bas depuis 2017. Le marché a pigé le truc : si l’IA remplace les consultants, à quoi bon payer une boîte de conseil ? Les cabinets de conseil ont cru qu’ils allaient revendre de l’IA comme ils ont revendu du cloud. Raté. Maintenant, ils sont dans la même merde que leurs clients : ils doivent prouver leur valeur.
Et Yann LeCun, le gourou français de l’IA, enfonce le clou. Sur The Decoder et Silicon.fr, il balance : « Vous créez une bulle, les gars. » Il vise OpenAI, Anthropic, xAI. Leur truc : des coûts d’exploitation qui ne baissent pas assez vite, des investisseurs qui tiennent la corde, et un modèle économique qui tient du casino. LeCun, bien sûr, a sa propre startup (AMI Labs, levée de 1 milliard – il serait pas un peu juge et partie ?). Mais le constat est implacable : quand les subventions s’arrêtent, la fête aussi.
Le coup de grâce, c’est le passage au paiement au token. Bloomberg décortique le glissement des abonnements illimités vers la tarification à l’usage. Tu te souviens des forfaits « tout compris » ? Plus maintenant. Chaque requête, chaque prompt, chaque hallucination te coûte. Les entreprises découvrent que leurs gros utilisateurs (développeurs, data scientists) bouffent des budgets entiers. Résultat : des notes de frais qui explosent, des DRH qui pleurent, et des DSI qui ressortent la calculette.
Pas les labos, dont les marges se resserrent. Pas les Big Tech, qui se frottent les mains en vendant du compute. Toi, l’utilisateur final, le salarié qui avait cru gagner du temps. Tu te retrouves à compter tes tokens comme d’autres comptaient leurs tickets-resto. La boucle est bouclée.
La seule question qui reste : est-ce que cette deuxième vague de désillusion (après celle de 2023) va faire imploser la bulle, ou juste la dégonfler un peu ? Le Cac 40 et le Nasdaq retiennent leur souffle. Moi, je remballe mon abonnement Pro et je ressors mon bloc-notes papier.
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