IA ne tue pas l’emploi, mais elle massacre la prose

Alors que les puristes crient au loup et que les romanciers suspectent ChatGPT derrière chaque virgule mal placée, deux nouvelles viennent brouiller les cartes. Les données de Ramp, la plateforme de gestion des dépenses, montrent que les entreprises qui adoptent massivement l’IA embauchent plus que les autres. Pendant ce temps, linguistes et écrivains s’écharpent sur ce qui rend l’écriture machine si… machine.

Commençons par les chiffres, parce que les chiffres, c’est concret. Une analyse des clients de Ramp révèle que les « heavy adopters » d’IA – ceux qui l’intègrent dans leurs processus quotidiens – ont augmenté leurs effectifs de 7% sur l’année, contre 2% pour les autres. L’IA ne tue pas des jobs. Elle semble plutôt créer un cercle vertueux : plus de productivité, plus de croissance, plus de besoin d’humains pour gérer tout ce bordel.

Mais si l’IA embauche, qu’est-ce qu’elle écrit ? Là, le bât blesse. Le Guardian a consulté des linguistes et des romanciers comme Jennifer Egan et Jeanette Winterson pour savoir ce qui distingue vraiment un texte humain d’un texte généré par une LLM. Le verdict, c’est que ce n’est pas tant une question de grammaire que de « gueule ». Les machines sont parfaitement correctes, mais elles sentent le vide. Pas de sous-texte, pas de rythme irrégulier, pas de ces petites imperfections qui font la voix d’un auteur. « C’est comme un repas préparé par un chef qui suit la recette à la lettre mais sans amour », résume un linguiste.

Pendant ce temps, les accusations d’utilisation d’IA dans la littérature et le journalisme se multiplient. Des auteurs voient leurs styles clonés, des articles sentent le token à plein nez. La question n’est plus de savoir si l’IA écrit, mais si on peut encore faire la différence. Oui, mais ça devient un sport de combat.

L’IA recrute mais désincarne ? Elle fait tourner l’économie mais flingue la culture ? Peut-être. Ou peut-être qu’on assiste à une spécialisation : l’IA pour le sale boulot, l’humain pour le sel. En attendant, si ton prochain roman sent le GPT, ne compte pas sur moi pour te défendre. Mais si ta startup utilise l’IA pour scaler, tu peux m’embaucher. Je suis pas cher et je fais de l’ironie.


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