Un Tamagotchi IA sur ton sac à dos et un centre d’appels planqué derrière

Zuckerberg a trouvé son nouveau mot fétiche, et il l’a répété jusqu’à plus soif pendant sa keynote de Menlo Park. Muse. L’agent IA de Meta, lancé il y a deux semaines à peine, devait déjà tout faire, et le patron de la boîte a profité du Meta Connect pour le coller partout : dans tes lunettes, dans ton téléphone, et maintenant sur un petit bidule à accrocher à ton sac à dos. Trois annonces produit, une concession qui gratte, et une fonction d’appel qui repose sur de vrais humains. On refait le match.

L’objet du délit tient sur un porte-clés

Le nom, c’est Muse Charm. Une montre connectée sans bracelet, écran d’environ 2 pouces, 5G embarquée, et une petite lanière pour l’accrocher où tu veux : sac, clés, ceinture. Meta le présente comme un compagnon toujours allumé, une sorte de Tamagotchi des années 90 qui aurait bouffé un smartphone. Design signé par un ancien d’Apple, dixit le communiqué.

Pour qui ? Pour ceux qui n’ont pas de lunettes Meta, pardi. Le Charm est le point d’entrée pour les sans-lunettes, ceux qui veulent quand même causer à Muse sans sortir leur téléphone. Sortie prévue avant les fêtes, prix encore dans le flou. Tu vas probablement l’offrir à quelqu’un en décembre, ou l’acheter pour toi et le laisser dans un tiroir en janvier.

Deux semaines, 2,8 millions de téléchargements

Les chiffres donnent le tournis. 500 000 utilisateurs la première semaine, 2,8 millions de téléchargements en quatorze jours, numéro un des applis gratuites sur l’App Store, et une place de leader devant ChatGPT. Meta tient enfin un produit grand public qui ne soit pas une story Instagram qui disparaît au bout de 24 heures.

Nuance obligatoire : le succès des téléchargements n’a jamais rien dit de l’usage réel. Combien gardent Muse ouvert trois semaines plus tard ? Ça, curieusement, personne ne le crie sur les toits.

Derrière l’agent qui téléphone, un centre d’appels bien humain

Là où ça devient savoureux, c’est au bout du fil. La fonction d’appels téléphoniques, ajoutée le 17 septembre, promet de passer tes coups de fil à ta place : réserver une table, caler un rendez-vous. Sauf qu’une partie de ce boulot repose sur un centre d’appels où de vrais humains décrochent et passent les appels. L’agent IA qui téléphone pour toi, en vrai, c’est parfois un type dans un open space qui appelle pour toi. Malin commercialement, plus discutable sur la transparence. À quel moment on prévient le restaurateur qu’il cause à un humain déguisé en IA ?

OpenClaw dans le rétroviseur

Muse est partout. Muse est super. Muse est aussi très inspiré d’OpenClaw. Meta l’a admis, par la voix de Nat Friedman, patron produit chez Meta Superintelligence Labs et ancien PDG de GitHub. Construit de zéro, jure-t-il, mais fortement inspiré du projet open source. Sauf que d’après The Decoder, certains noms de fichiers et bouts de contenu sont quasi identiques. « Inspiré », tu sais ce que ça veut dire. OpenAI plancherait déjà sur sa propre riposte. L’ironie : le petit projet open source qu’on cite à peine dans les conférences devient la matrice des gros.

Et pendant ce temps, la faille était déjà dans la boîte

On vous le disait hier, Muse a conquis ton Mac avec une faille zero-day planquée dans la boîte. L’attaquant pouvait faire à peu près ce qu’il voulait sur ta machine. Meta dit avoir patché, ouf. Voilà maintenant que le même agent veut vivre dans tes lunettes, activable en prononçant son nom, prêt à guider ta séance de sport et à journaliser tes journées. Un assistant qui fait tout, partout, tout le temps, avec des failles qui arrivent avant les correctifs.

Et si tu voulais acheter des trucs avec, rappelle-toi qu’Amazon a déjà claqué la porte de sa boutique au nez de l’agent Muse il y a deux jours. Le grand écosystème ouvert, tu repasseras.

Meta tient son moment : une appli qui cartonne, un gadget mignon à accrocher à ton sac, et un déploiement qui court plus vite que sa sécurité. Muse, c’est le Tamagotchi qui a appris à passer des coups de fil et à copier ses devoirs. On attend maintenant le modèle qui apprend à dire pardon.


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