Apple et OpenAI se traitent de voleurs pour un appareil que personne n’a vu

Deux boîtes qui se détestent, un procès pour vol de secrets, et un appareil que personne n’a encore vu. Le décor est posé, et il sent le réchauffé.

Mardi, OpenAI a déposé une nouvelle pièce dans le dossier qui l’oppose à Apple devant un tribunal fédéral de San Jose, en Californie. La boîte d’Altman y affirme qu’un de ses employés, parti chez Apple, a envoyé plus de cent fichiers portant sur un produit non annoncé vers un compte personnel. Et qu’il a ensuite fait une présentation de ce produit à la haute direction d’Apple, il y a plusieurs mois.

La suite était censée se jouer mercredi. Deux entreprises qui se retrouvent face au juge, en pleine guerre de secrets industriels. Sauf que le dépôt de mardi a décalé la confrontation. OpenAI précise au passage qu’il pourrait déposer une contre-plainte sur la base de cette nouvelle accusation.

Le timing n’a rien d’innocent. La pièce cite la sortie cette semaine de HomeView, le nouveau produit IA d’Apple, pour appuyer son argument. En gros: les secrets d’OpenAI se baladent chez Apple, et les ingénieurs de Cupertino pourraient s’en servir pour dessiner leurs prochaines machines. La citation exacte du document: « OpenAI is very concerned that its trade secret and confidential information is now circulating inside Apple, where Apple engineers can shape Apple’s upcoming products based on OpenAI’s confidential and innovative work. »

Apple, de son côté, jure ses grands dieux. La boîte assure avoir des politiques et des procédures pour empêcher ses nouvelles recrues d’apporter les secrets de leurs anciens employeurs, et affirme n’avoir trouvé aucune preuve des allégations d’OpenAI.

Le dossier de base dit l’inverse

Ce qui rend l’affaire ironique, si tu me passes l’expression, c’est que la plainte originelle raconte exactement la même histoire, mais version Apple. En début d’année, la firme à la pomme a attaqué OpenAI pour vol de secrets industriels, en accusant ses propres salariés d’être partis avec des documents confidentiels vers la division matériel du fabricant de ChatGPT. OpenAI avait démenti.

Aujourd’hui, chacune accuse l’autre du même crime. Le voleur qui crie au voleur, version Silicon Valley, sauf qu’ici on ne sait toujours pas qui a commencé. Juste qui a porté plainte en premier.

En début de semaine, la juge Edward Davila a accordé une partie de la demande d’Apple: accès anticipé à des fichiers numériques d’OpenAI, collecte de données sur les appareils de certains anciens salariés, et dépositions accélérées de trois d’entre eux. Dans le lot, les deux défendeurs, Chang Liu, ex-ingénieur système électrique, et Tang Yew Tan, ancien vice-président du design produit pour l’iPhone et l’Apple Watch.

Le génie du design a changé de camp

L’appareil au centre de tout ça, c’est celui qu’OpenAI prépare. Le fabricant de ChatGPT s’apprête à dévoiler un appareil IA conçu par Sir Jony Ive. Oui, le type qui a dessiné l’iPhone et l’Apple Watch. Le génie du design d’Apple bosse désormais pour la boîte qui affronte Apple au tribunal.

Si tu cherches une ironie plus épaisse que ça, bonne chance. Le produit n’est même pas sorti que les deux camps se disputent déjà les plans.

Le procès, lui, est visé pour octobre 2027. OpenAI dit pouvoir être prêt dès juin. D’ici là, les deux camps auront eu le temps de compter leurs fichiers, de s’envoyer quelques dépositions, et peut-être de finir l’appareil dont ils se disputent les secrets. Si quelqu’un le voit un jour.


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