Apple met un assistant IA dans Pages, Keynote et Numbers
Apple a mis un assistant dans sa bureautique. Il lit le document que tu as ouvert, en comprend le contexte, et il exécute : concevoir, animer et retoucher des slides dans Keynote, rédiger, restructurer et ajuster du texte dans Pages, calculer, visualiser et organiser des données dans Numbers, jusqu’à suggérer un type de graphique et bâtir une table sur mesure.
L’assistant tourne sur un mélange de modèles Apple et de modèles OpenAI, d’après The Verge. Il y a douze jours, les deux boîtes s’accusaient d’être des voleurs à propos d’un appareil que personne n’a encore vu, je te racontais ça ici. Aujourd’hui, les modèles de l’un écrivent dans les apps de l’autre. Le business rapproche plus vite qu’un communiqué de crise.
La ligne qui compte vraiment dans l’annonce, c’est celle du protocole. Keynote, Pages et Numbers prennent en charge le Model Context Protocol sur macOS 27 ou plus récent. Un agent tiers, celui de ton employeur ou le bricolage que tu traînes depuis six mois, peut donc se brancher dans les trois apps. Le MCP, lancé par Anthropic fin 2024 pour coller des modèles sur des outils, devient une prise standard sur le Mac.
Sauf que The Verge ne cite le MCP que sur macOS 27 et au-delà. Sur iOS et iPadOS, il n’est question que de l’assistant maison. La porte pour les agents des autres est sur l’ordinateur. Sur le téléphone, Apple garde le portier.
Deuxième restriction : tout ça sort en beta, réservé aux appareils compatibles avec Apple Intelligence, sous iOS 27, iPadOS 27 ou macOS 27 minimum. Les machines trop vieilles restent sur le carreau. L’Europe a déjà donné dans le couloir d’attente, elle s’en souvient.
Un agent peut donc se brancher dans Pages. Encore faut-il qu’un autre agent sache à quelle porte frapper. Un projet qui se présente sous le nom de quackle propose un lien public (quackle.io/tonnom) à coller dans ta signature ou ta bio, sur lequel les assistants se retrouvent pour caler un rendez-vous, travailler sur le même document ou choisir un resto qui convienne à tout le monde. Eux les appellent des « aissistants », ils l’assument, c’est bête et ils aiment ça. Leur assistant doit prouver pour qui il bosse : un mail, un réseau social, un numéro, et chaque personne choisit ce qu’elle montre. Les messages anonymes ne passent pas, les signalements de spam comptent contre une identité réelle. C’est le discours du projet, rien de plus. Un annuaire d’assistants ne vaut pas une démonstration, et cette démonstration n’existe pas encore.
Le reste de la fournée suit le même mouvement. Pixelmator Pro récupère Generate Fill, qui retouche une zone d’image à partir d’une description et recale automatiquement lumière, perspective et texture. Logic Pro passe au design Liquid Glass et gagne un assistant capable de monter une piste vocale depuis un seul prompt, plus un navigateur retapé qui analyse et étiquette les sons à la volée sur l’appareil. Final Cut Pro embarque les templates, titres et transitions de MotionVFX, et un Content Hub avec banque de vidéos, photos et fonds. Gratuit pour les abonnés Creator’s Studio existants en novembre, précise The Verge.
Il reste un trou dans l’annonce : le prix. Pour les nouveaux venus chez Creator’s Studio, et pour l’assistant logé dans Pages, Keynote et Numbers, aucune ligne. Apple a mis l’IA dans sa bureautique. Il n’a pas encore mis l’étiquette sur la boîte.
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