Adobe sort un nouvel outil d’IA vidéo, Quick Cut, qui promet de t’éviter le montage fastidieux en générant une première version à partir de tes rushs et d’une simple description textuelle. En gros, tu lui balances tes heures de footage et un prompt du style « montage dynamique de ma randonnée », et l’IA te pond une ébauche que tu peux peaufiner. Sur le papier, ça a l’air cool pour les créateurs qui passent leur vie à trier des clips. Dans la vraie vie, c’est surtout un move corporate pour rattraper le train de l’IA générative après avoir traîné des pieds pendant des années.
Firefly, la suite d’Adobe, a longtemps été la risée du secteur : des modèles moins performants que Midjourney ou Stable Diffusion, une politique de droits d’auteur floue, et des annonces qui sentaient le rattrapage désespéré. Quick Cut, c’est leur tentative de se positionner sur le créneau vidéo, où la concurrence explose avec des outils comme Runway ou Pika Labs. Sauf qu’ici, on parle pas de génération à partir de zéro, mais d’assemblage automatique – une fonctionnalité qui existe déjà dans des logiciels grand public depuis un moment, juste moins « intelligente ». Adobe emballe ça dans du jargon marketing (« focus on storytelling », « first draft ») pour faire croire à une innovation disruptive.
L’ironie, c’est qu’Adobe, le géant qui a dominé le montage vidéo avec Premiere Pro pendant des décennies, se retrouve à jouer les petits nouveaux dans l’IA. Ils ont les données (merci Creative Cloud), les ressources, et pourtant ils sortent des features en beta qui ressemblent à des copiés-collés améliorés de ce que des startups font déjà. Quick Cut pourrait être utile pour les amateurs ou les pros pressés, mais ne t’attends pas à un chef-d’œuvre : l’IA va probablement rater les transitions, choisir les mauvais plans, et générer un rythme bancal. Comme d’habitude avec ces outils, tu passeras plus de temps à corriger les conneries de la machine qu’à monter toi-même.
Et puis, parlons du business model. Adobe adore les abonnements, et Firefly ne déroge pas à la règle. Quick Cut sera sûrement inclus dans un plan payant, avec des limitations de crédits ou de qualité pour pousser à l’upgrade. Ils te vendent du temps gagné, mais au final, tu paies pour un assistant qui te fait gagner du temps que tu passeras à déboguer son travail. La boucle est bouclée.
Alors, est-ce que Quick Cut va changer la vie des monteurs ? Non. Est-ce qu’Adobe rattrape son retard ? Un peu, mais sans convaincre. Dans un an, ils lanceront une version « pro » avec deux filtres en plus et tripleront le prix. En attendant, les créateurs sérieux continueront de monter à la main, parce que l’art, c’est pas juste coller des clips au hasard. Mais pour les influenceurs TikTok qui veulent un montage vite fait, ça pourrait faire l’affaire. À condition de pas trop regarder les détails.
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