Alpha School facture 75 000 dollars pour deux heures de cours par jour et les riches adorent

Avoir 75 000 balles à claquer par an pour l’éducation de son gamin ? Alors on a le droit à l’école du futur : deux heures de tutorat IA par jour, le reste en ateliers créatifs, et on peut même faire l’école buissonnière des vrais profs. C’est le pitch d’Alpha School, une de ces écoles privées qui poussent comme des champignons dans les coins huppés des États-Unis.

Pendant que le service public se débat avec des classes surchargées et des tableaux blancs qui sentent le vinaigre, les familles qui peuvent aligner le prix d’une berline allemande chaque année offrent à leurs rejetons une expérience pédagogique sur mesure. L’IA adapte le rythme, les exercices, le ton de la voix. Le gamin n’a pas à subir les blagues nulles de M. Dupont ni à attendre que Chloé finisse sa division.

Bon, pour être clair : derrière la promesse de « personnalisation » se cache un gouffre qui n’a rien à voir avec la pédagogie. C’est la version éducation de la startup nation : prendre une techno pas chère (ou pas, vu le prix), ajouter un UX designer qui a lu Montessori en diagonale, et vendre ça comme la révolution. Résultat : les enfants des riches apprennent avec des algorithmes pendant que les autres triment avec des instituteurs cramés. L’égalité des chances, on peut se brosser.

Et les études qui disent que l’IA en classe peut faire plus de mal que de bien ? Bah, on les oublie. Après tout, si on a les moyens, on ne se pose pas de questions. Le système scolaire public, lui, continue de ressembler à une salle d’attente pour l’économie de l’attention. Les grands groupes tech se frottent les mains : ils vendent des licences aux écoles riches, et dans dix ans, ils embaucheront les gamins formatés par leurs propres outils.

La vérité, c’est que l’IA éducative pourrait être un formidable égalisateur. Les bouquins adaptatifs, les correcteurs automatiques, les parcours individualisés, tout ça existe et coûte une misère à l’échelle. Mais on préfère en faire un privilège de luxe, un marqueur social de plus. Parce qu’au fond, ce qui compte dans l’éducation américaine, c’est pas d’apprendre à apprendre. C’est d’apprendre à qui on peut acheter la place.

Alors oui, Alpha School et ses copines vont prospérer. Et si on n’est pas dans le carré VIP, on peut toujours prier pour que l’école publique craque un budget pour une tablette. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que l’IA remplace le prof. Pour l’instant, elle remplace surtout l’argent qu’on n’a pas.

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