Faut que je te parle de deux trucs que j’ai lus dans la même semaine. L’O’Reilly Radar se demande comment on va enseigner la programmation maintenant que les IA écrivent le code à ta place. Un type de ZDNet France raconte qu’il a dicté plus de 120 000 mots avec sa voix, et qu’il a trois outils préférés, dont un gratuit.
À première vue, rien à voir.
L’article d’O’Reilly (par ici) pose une question qui fâche : si l’IA peut coder, pourquoi apprendre à coder ? On peut répondre « pour comprendre ce que l’IA écrit », ou « pour savoir si elle déconne », mais les mecs vont plus loin : et si l’enseignement du code devenait un enseignement de la pensée computationnelle, sans forcément passer par la syntaxe ? Et là, tout s’éclaire.
Parce que l’autre article, celui du gars de ZDNet France, dans un papier sobrement intitulé « J’ai dicté plus de 120 000 mots à l’aide de ma voix : voici mes trois outils préférés (dont l’un est gratuit) », c’est un test de logiciels de dictée. Mais au fond, ce qu’il raconte, c’est que la machine comprend de mieux en mieux ce que tu racontes. Tu parles, elle écrit. Tu parles, elle corrige. Tu parles, elle range ta vie.
Alors, je te le dis direct : si l’IA écrit le code et que ta voix peut tout lui dicter, la compétence numéro un devient savoir exprimer une idée clairement. Pas savoir taper sur un clavier. Pas connaître la différence entre une liste et un tuple. Savoir dire ce que tu veux, sans ambiguïté, avec le bon niveau de détail.
La formation au code, classiquement, t’apprend justement à être précis, à décomposer un problème, à structurer une solution. Le langage de programmation, c’est une béquille pour forcer ton cerveau à penser droit. Maintenant que l’IA fait le boulot de traduction, cette béquille elle sert moins. Mais la pensée derrière, elle sert toujours. Tu peux parler à l’IA, mais si tu lui dis « fait un truc pour gérer les utilisateurs », tu vas te retrouver avec un tas de merde. Il faut articuler, préciser, challenger.
Donc peut-être que l’école de code de demain, c’est une école de discussion. Apprendre à poser des questions, à reformuler, à exiger des explications. Et le test du gars de ZDNet, il montre que tu peux déjà faire ça avec ta voix, sans toucher un clavier. 120 000 mots, c’est énorme. Et son outil gratuit, si tu veux le connaître, il est dans l’article. Moi je te donne juste la tendance.
Bon, évidemment, y a un risque. Si tout devient une question de « savoir parler », autant dire que les mecs qui articulent bien vont briller, et les introvertis vont souffrir. Mais c’est exactement ce qui se passe dans les réunions depuis la nuit des temps. L’IA va pas inventer l’eau chaude. Elle va juste changer la nature du jeu. Le code, c’est plus une compétence de frappe, c’est une compétence de communication.
Il ne faut pas arrêter d’enseigner le code pour autant. Mais peut-être qu’il faut enseigner le code comme on enseigne la grammaire : pour comprendre la structure, pas pour devenir un écrivain. Et pendant que tu y es, entraîne-toi à dicter. Parce que le clavier, dans dix ans, ce sera peut-être comme les courses de chevaux : un truc de hipsters.
Sur ce, je vais dicter mon prochain tweet. Avec un outil gratuit, évidemment.
Sources :
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