On connaît tous BuzzFeed. Ces génies du contenu viral qui ont réussi à transformer des listicles sur les chats en empire médiatique. Mais depuis que l’IA est devenue le nouvel eldorado, tout le monde veut sa part du gâteau. Et BuzzFeed, dans sa quête désespérée de revenus, a décidé de se lancer dans les apps sociales alimentées par l’intelligence artificielle. Le résultat : un flop monumental à SXSW, où leurs démos ont été accueillies par un silence tellement palpable qu’il en devenait presque comique.
Conjure, ou l’art de copier sans innover
Leur nouvelle app phare, Conjure, est présentée comme une révolution. En réalité, c’est un clone maladroit de BeReal, cette app qui pousse l’utilisateur à poster une photo par jour à une heure aléatoire. Sauf que chez BuzzFeed, ils ont ajouté une couche d’IA pour « générer du contenu personnalisé ». Traduction : un algorithme qui essaie de deviner ce que l’utilisateur veut voir, et qui se plante probablement dans 80% des cas. Les utilisateurs à SXSW ont critiqué le truc pour son manque d’utilité réelle. « Mimétique et inutile », voilà le feedback. Pas étonnant que la salle soit restée de marbre.
La stratégie IA-first : du désespoir marketing ?
BuzzFeed mise tout sur l’IA pour se relancer. Après des années de déclin, ils espèrent que les algos vont sauver leur modèle économique. Sauf que lancer deux apps en même temps, sans tester le marché, c’est le meilleur moyen de se prendre un mur. Surtout quand on présente ça à SXSW, l’épicentre de la hype tech, où le public est saturé de promesses creuses. Leur « transformation » ressemble plus à une tentative désespérée de surfer sur la vague IA qu’à une vraie innovation. Et visiblement, les investisseurs ne sont pas dupes : le titre BuzzFeed a encore pris une claque après l’annonce.
Le désastre s’explique par le fait que BuzzFeed a oublié la base : créer quelque chose que les gens veulent vraiment. Au lieu de ça, ils ont sorti des apps qui ressemblent à tout ce qui existe déjà, avec une couche d’IA en spray pour faire moderne. Le problème, c’est que l’IA seule ne suffit pas. Il faut une idée solide, une exécution impeccable, et une réelle valeur ajoutée. Là, on a l’impression qu’un stagiaire a passé un week-end sur Figma et a collé « powered by AI » sur l’écran d’accueil. Le silence à SXSW en dit long : même les early adopters, habitués à tout essayer, n’ont pas mordu à l’hameçon.
La leçon à retenir
L’IA n’est pas une baguette magique. On ne peut pas coller « AI » sur un produit pourri et espérer que ça passe. BuzzFeed aurait mieux fait d’écouter ses utilisateurs avant de se lancer dans cette aventure. Mais non, ils ont préféré suivre la mode, quitte à se ridiculiser devant toute l’industrie. La prochaine fois, peut-être qu’ils se contenteront de faire ce qu’ils savent faire : des quiz débiles sur « Quel personnage de série es-tu ? ». Au moins, ça, ça marche.
En attendant, il suffit de les regarder se débattre avec leurs apps fantômes. Ça fait presque pitié. Presque.
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