Ça y est, les gourous de l’IA cinématographique sont de retour. Cette fois, c’est Gong Yu, le CEO d’IQiYi, qui monte sur scène. Dans un article du People’s Daily — parce que rien ne crie « innovation disruptive » comme un média d’État —, il prévoit que les blockbusters commerciaux générés par IA débarqueront dans trois à six mois. Oui, tu as bien lu : dans six mois max, on aura des films faits par des machines qui rivaliseront avec Marvel. Le pire, c’est grâce à des modèles comme Sora, le truc d’OpenAI qui fait des vidéos de 60 secondes avec des mains à six doigts. La « loi un-un-deux » (whatever that means) va apporter une itération de productivité, paraît-il. Super, on est sauvés.
Pendant ce temps, de l’autre côté de l’océan, Google joue les gentils. Ils viennent de sortir Veo 3.1 Lite pour leurs abonnés Ultra, sans coût supplémentaire en crédits. Traduction : ils donnent un outil de génération vidéo gratuitement, probablement parce que personne ne voulait payer pour une version bêta qui produit plus d’artefacts que de chef-d’œuvre. C’est le classique Google : « Regardez, on est ouverts ! » jusqu’à ce que tu lises les conditions d’utilisation et que tu réalises que tes données servent à entraîner le prochain modèle qui te coûtera un rein.
Alors, qui a raison ? Gong Yu qui promet le paradis en six mois, ou Google qui fait du dumping gratuit pour masquer ses retards ? Probablement aucun des deux, en réalité. L’IA vidéo, c’est comme la fusion froide — on en parle depuis des années, les démos sont impressionnantes, mais passer à l’échelle commerciale, c’est une autre paire de manches. Sora et ses copains sont bons pour des clips courts, mais un film de deux heures ? Avec une narration cohérente, des personnages qui ne se métamorphosent pas en monstres, et un budget qui ne fait pas exploser les serveurs ? On en est loin.
Et puis, il y a le petit détail de la créativité. Gong Yu parle de « productivité itération », un jargon corporate pour dire « on va faire plus vite la même merde ». Mais est-ce que l’IA va vraiment innover, ou juste recracher des clichés qu’elle a pompés sur Netflix ? L’industrie du cinéma a déjà assez de problèmes avec les remakes et les suites, pas besoin d’ajouter une machine qui ne sait faire que du pastiche.
Google, de son côté, essaie de rattraper son retard face à OpenAI et Midjourney. Veo 3.1 Lite, c’est probablement une version allégée pour tester les eaux sans effrayer les investisseurs. Le « sans crédits supplémentaires », c’est un coup marketing pour faire croire à une générosité qui n’existe pas. Rappelle-toi : quand quelque chose est gratuit, c’est que tu es le produit. Tes vidéos générées serviront à améliorer leur modèle, et dans six mois, ils te factureront une fortune pour la version pro.
Alors, où en est-on vraiment ? L’IA vidéo progresse, oui. Mais entre les annonces tonitruantes d’IQiYi et les manœuvres de Google, il y a un océan de réalité. Les blockbusters IA dans six mois ? J’y crois autant qu’à la fusion froide. Mais bon, si ça permet à Gong Yu de faire parler de lui dans le People’s Daily, et à Google de vendre plus d’abonnements Ultra, tout le monde est content. Sauf peut-être les scénaristes et les réalisateurs, qui se demandent si leur boulot va finir dans la poubelle de l’histoire.
Attends-toi à plus de bruit que de résultats. Comme d’habitude.
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