Ça y est, la justice britannique passe à la vitesse supérieure (ou à la ramasse, selon le point de vue). David Lammy, le vice-Premier ministre, annonce ce mardi le lancement d’un pilote d’assistants juridiques bardés d’IA dans les Crown Courts d’Angleterre et du Pays de Galles. Objectif affiché : réduire le backlog de procès qui s’entasse comme des dossiers oubliés au fond d’un placard.
Le gouvernement vante une « justice plus rapide pour les victimes », et on comprend l’ambition. Avec des milliers de dossiers en souffrance, l’IA promet de trier, résumer, et préparer les éléments de procédure à la vitesse d’un stagiaire qui carbure au Red Bull. Sauf que le stagiaire en question ne demande ni café ni congés.
Mais voilà, les syndicats d’avocats ne sont pas dupes. Leur message est clair : « L’IA ne remplacera jamais le financement et le personnel supplémentaires dont les tribunaux ont besoin. » Traduction : plutôt que de nous filer des chatbots dernier cri, donnez-nous des juges et des greffiers en chair et en os. Car derrière le vernis techno, le vrai problème reste le sous-effectif chronique et des budgets qui pleurent.
Le gouvernement a aussi lancé un « Advisory AI Growth Lab » pour accompagner l’adoption responsable de l’IA dans les services juridiques. Tout un programme. On imagine déjà des réunions où des juristes en costard tentent d’expliquer à une machine ce qu’est l’équité. Bon courage.
L’idée de désengorger les tribunaux est louable, mais si l’IA sert juste à faire tenir la barque sans mettre un kopeck dans le système, on risque de se retrouver avec une justice à deux vitesses : celle traitée par des algorithmes pressés, et celle qui attendra encore des années.
Reste à voir si ce pilote tiendra ses promesses sans transformer les salles d’audience en open space de machines juridiques. En attendant, les avocats préparent déjà leurs arguments contre les erreurs algorithmiques. Le droit à un procès équitable, c’est aussi le droit à ce que l’IA ne se trompe pas de dossier.
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