Melania Trump ne fait jamais les choses à moitié. Ce mercredi, pour l’ouverture du tout premier sommet « Fostering the Future Together Global Coalition » à la Maison Blanche, elle est arrivée flanquée d’un humanoïde répondant au nom de Figure 03. L’image est forte : la First Lady, habituellement discrète, marche côte à côte avec un robot qui salue les invités avant de prendre place au centre de la pièce. Le spectacle était garanti, mais le fond, on va y venir.
Le sommet, officiellement dédié à l’IA, l’éducation et la protection des enfants dans les espaces numériques, avait pour ambition de « rassembler les nations » autour de l’accès à la technologie pour la jeunesse mondiale. Dans son discours, Melania Trump a appelé à la coopération internationale. Très bien. Sauf que, comme souvent dans ce genre d’événements, le décor a volé la vedette au propos.
Figure 03, présenté comme « un humanoïde construit pour les États-Unis d’Amérique », fonctionne avec un modèle vision-langue-action. Traduction : il voit, il parle, il agit. Pour l’instant, il n’est pas en vente directe aux consommateurs, ce qui laisse planer le mystère sur son utilité réelle au-delà de faire joli dans les salons dorés. La scène, soigneusement chorégraphiée (la First Lady s’arrête, le robot contourne la table, se place en position centrale) sent le coup de com’ à plein nez. On est plus dans la mise en scène hollywoodienne que dans le workshop technique.
Et c’est là que le bât blesse. Pendant qu’on filme le robot qui fait des ronds de jambe, est-ce qu’on parle sérieusement des vrais enjeux ? L’éducation numérique pour les gamins du globe, c’est pas un robot qui fait le beau qui va régler le problème. C’est de l’infrastructure, de la formation, de l’accès à internet, du contenu adapté. Des trucs chiants, sans doute, mais essentiels. À la place, on a droit à un show qui ressemble à s’y méprendre à une démo produit déguisée en événement diplomatique.
Je dis pas que Figure 03 est inutile. Les humanoïdes ont leur place, surtout dans des domaines comme la logistique ou l’assistance aux personnes âgées. Mais les sortir pour ouvrir un sommet sur l’éducation, autant présenter une Ferrari à une conférence sur les transports en commun : ça impressionne, mais ça répond pas au vrai besoin. Et avec l’administration Trump, on sait que le spectacle prime souvent sur la substance.
Alors oui, l’image est marquante. Melania et son robot, main dans la main (enfin, presque), ça fera le tour des réseaux. Mais derrière le clinquant, il reste une question : est-ce que ce sommet va vraiment changer quelque chose pour les enfants, ou est-ce juste une nouvelle occasion de faire briller des gadgets high-tech devant les caméras ? À toi de juger. Mais moi, je retiens surtout que quand on veut parler éducation, peut-être qu’inviter des profs plutôt que des robots serait un bon début.
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