Alors que tout le monde court après l’agent IA qui gère ta vie entière, Uber Eats, lui, vise plus bas — et plus terre-à-terre. Son nouveau joujou, ‘Cart Assistant’, promet de remplir ton panier de courses sans que tu aies à bouger le petit doigt, à part pour tapoter ton écran ou lui balancer une photo de ton frigo vide. Ça a l’air de l’assistant rêvé, mais on sent surtout une boîte qui cherche désespérément à ajouter une couche de ‘tech’ à un modèle qui, soyons honnêtes, n’a pas vraiment besoin de ça pour fonctionner.
Le truc, c’est que Cart Assistant n’est pas une révolution. Tu lui dis « je veux faire des pâtes carbonara pour 4 personnes », et il te sort la liste des ingrédients. Tu lui montres une photo de tes placards, et il essaie de deviner ce qui manque. C’est basiquement ChatGPT avec une licence Uber Eats et une intégration au catalogue des supermarchés partenaires. Rien de magique, rien de nouveau sous le soleil de l’IA — juste une application assez directe de ce que tout le monde fait déjà avec les LLMs depuis des mois.
Mais bon, Uber Eats a besoin de buzz. La concurrence avec DoorDash, Instacart et les autres se durcit, et rajouter un petit assistant IA dans l’app, ça fait bien sur la fiche produit. Surtout quand tu peux le vendre comme « l’IA qui simplifie tes courses ». Le vrai test, ce sera pas la démo léchée, mais le moment où Cart Assistant te proposera du parmesan végan pour ta carbonara parce qu’il a mal interprété ta photo, ou qu’il oubliera les œufs parce que son modèle a décidé que c’était optionnel. Ça arrivera. Les IA, même les mieux entraînées, ont un talent certain pour l’absurde quand on les lâche dans le monde réel.
Derrière cette annonce, il y a aussi la question de la data. Uber Eats va pouvoir collectionner encore plus d’infos sur tes habitudes alimentaires, tes photos de frigo, tes listes de courses improvisées. « Pour améliorer le service », bien sûr. Et accessoirement, pour mieux te targeter avec des promos et des suggestions. C’est le jeu, mais faut pas croire que Cart Assistant est là par pure philanthropie numérique.
Enfin, ça pose une question plus large : est-ce qu’on a vraiment besoin d’une IA pour faire nos courses ? Ou est-ce que c’est juste un prétexte pour faire monter l’engagement dans l’app et justifier un abonnement premium dans six mois ? Uber Eats joue la carte de la commodité, mais à force d’empiler les features, on risque de se retrouver avec une app surchargée qui met trois plombes à charger, juste pour éviter de taper « lait, œufs, pain » soi-même. L’ironie, c’est que parfois, faire sa liste à la main, c’est plus rapide que d’attendre que l’IA finisse de parser ta photo.
Bref, Cart Assistant, c’est un coup de com’ bien rodé, une feature qui sonne futuriste mais repose sur des briques techniques assez basiques. Ça va probablement marcher pour quelques early adopters, avant que les bugs et les limites ne refroidissent les ardeurs. En attendant, Uber Eats peut se vanter d’avoir son petit agent IA, comme tous les autres. La course à l’armement des assistants, même pour des tâches aussi triviales que les courses, continue. Et nous, on regarde, un peu amusés, un peu sceptiques. Parce que franchement, si ton plus gros problème du jour, c’est de remplir ton panier Uber Eats, t’as peut-être d’autres priorités à régler.
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