VivaTech 2026 : l’IA en vedette, la souveraineté en urgence

C’est parti pour quatre jours de tech, de robots et de promesses. VivaTech a ouvert ses portes ce mercredi 17 juin à Paris Expo Porte de Versailles pour sa 10e édition, avec 180 000 visiteurs attendus et une affiche qui claque : Jeff Bezos, Yann LeCun, Emmanuel Macron, Narendra Modi. Mais cette année, le baratin sur l’IA comme avenir radieux est assaisonné d’une bonne dose de realpolitik.

Parce que, soyons honnêtes, l’injonction de Trump à Anthropic la semaine dernière (débrancher Claude Fable 5 et Mythos 5 pour tout étranger, au nom de la sécurité nationale) a douché l’enthousiasme. La France et l’Allemagne en ont profité pour ressortir le discours sur la souveraineté numérique, avec une position commune publiée dès l’ouverture du salon. Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a même annoncé que la DGSI va lâcher Palantir (contrat d’une dizaine d’années) pour la française ChapsVision. 655 millions supplémentaires pour l’IA via France 2030 sont aussi dans la poche.

Côté programmation, les pointures sont là. Yann LeCun, fraîchement débarqué d’AMI Labs (1 milliard levé en amorçage), viendra défendre sa thèse à contre-courant : les LLM, c’est bien, mais sans modèle du monde, ça ne planifie pas. Jeff Bezos, lui, parlera espace (et en profitera pour Causer de Prometheus, sa start-up d’IA physique à 12 milliards de dollars). Moins glamour mais tout aussi crucial : une table ronde sur les robots sociaux dans le soin, avec le robot compagnon ElliQ.

Mais le vrai business se joue peut-être hors les murs. Les side events (rooftops, cocktails, poker nights) sont devenus incontournables pour le networking. De « Where Europe Scales » (XAnge, PSG Equity) à la « Brazil Innovation Party » en passant par le « EuroTech Federation Closing Night » à la Maison de Balzac, tout est calfeutré. Mais il reste des formats ouverts, comme « No Boring Tech Talks » d’Over Ventures, qui promet de causer sans filtre des vrais problèmes : fragmentation des marchés, financement, dépendance américaine.

Bref, cette édition 2026 a tout pour être la plus politique. Entre l’ombre des restrictions américaines, la valse des annonces souverainistes et les démos de robots (Unitree, Agibot, et autres), le message est clair : l’IA, oui, mais sans se faire avoir. Et si vous voulez prolonger le délire, ActuIA offre 50 places. Allez-y, ça se passe Porte de Versailles.


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