L’IA fiche la trouille à tout le monde, et c’est normal

L’IA est en train de devenir le monstre sous le lit de la société moderne. Si les films nous préparent depuis des décennies à des Terminators ou des Skynet, la réalité est plus prosaïque et tout aussi effrayante : ce sont les créatifs et les chercheurs qui commencent à flipper sérieusement.

Exemple : les musiciens. Une étude relayée par The Independent ce lundi montre que près de trois quarts d’entre eux craignent pour leur boulot. Pas étonnant : entre les modèles qui génèrent des morceaux à la chaîne et les plateformes qui préfèrent payer des licences cheap à des algorithmes plutôt qu’à des humains, l’avenir ressemble à une dystopie spotifienne. Tu passes des années à peaufiner ton son, et un bot te pond un tube en deux secondes pour le prix d’un abonnement ChatGPT. Le décalage est total.

Mais c’est pas que les artistes. Un post sur Hacker News ce matin pointe une vidéo intitulée « AI is scaring scientists ». Les chercheurs, ceux-là mêmes qui bricolent ces modèles dans leurs labos, commencent à avoir des sueurs froides. Pourquoi ? Parce qu’ils voient de près à quel point ces trucs sont imprévisibles. Un jour, ton IA t’aide à découvrir un nouveau médicament ; le lendemain, elle hallucine des données qui te font publier une connerie monumentale. Ou pire, elle optimise un processus sans comprendre les implications éthiques, et tu te retrouves avec un système de recrutement raciste ou un algorithme de trading qui crashe les marchés.

Le parallèle est frappant : les musiciens ont peur de perdre leur gagne-pain ; les scientifiques, eux, ont peur de perdre le contrôle. Les deux groupes voient l’IA non pas comme un outil docile, mais comme un concurrent ou un phénomène incontrôlable. Et c’est là que le bât blesse : quand les créateurs et les experts s’alarment, c’est peut-être temps d’écouter, au lieu de se gargariser de promesses techno-utopistes.

On a passé des années à rire des Cassandres qui prévoyaient la fin du travail ou l’apocalypse algorithmique. Sauf que maintenant, les Cassandres, ce sont les gens sur le terrain. Les musiciens qui voient leurs royalties fondre, les chercheurs qui butent sur des biais impossibles à corriger. C’est pas de la paranoïa de comptoir, c’est du vécu.

Alors, on fait quoi ? Continuer à foncer tête baissée en priant pour que « l’alignement » magique règle tout ? Ou admettre que si l’IA effraie ceux qui la côtoient de près, c’est qu’il y a un vrai problème ? La réponse, c’est qu’elle est dans la question. Et non, ce n’est pas « l’avenir nous le dira ». L’avenir, il est déjà là, et il pue la peur.

Quand Sam Altman ou Dario Amodei te vendent leur soupe sur la sécurité, rappelle-toi que les musiciens et les scientifiques, eux, n’ont pas de slides bien propres. Ils ont juste la trouille. Et parfois, la peur est un meilleur guide que l’hubris.


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