L’IA pour les riches et les cons pour les autres

Tu sais ce moment où tu regardes un match de foot avec un pote qui connaît toutes les stats depuis 1950, et toi t’essaies juste de pas confondre le corner et le penalty ? C’est un peu ça le fossé grandissant entre les initiés de l’IA et le grand public. Sauf qu’ici, les joueurs s’achètent des équipes entières, renomment leur maillot toutes les semaines, et menacent de ne jamais jouer s’ils perdent.

Pendant que Sam Altman et sa bande font du shopping comme des ados avec la carte gold de papa — OpenAI rachète tout ce qui bouge, des applis de finance aux talk-shows, parce que pourquoi pas —, le reste du monde se demande encore si ChatGPT c’est un robot ou un moteur de recherche. Anthropic sort un modèle « trop puissant pour être publié » mais visiblement pas trop puissant pour le faire tourner en interne, histoire de garder l’avantage. Leur politique ? « On va vous sauver de l’apocalypse, mais d’abord, laissez-nous télécharger tous vos livres en torrent. » C’est du safety-washing à l’échelle industrielle.

Et pendant ce temps, Chris Lehane, le chef de la politique globale d’OpenAI, nous sort un « les entreprises d’IA doivent mieux communiquer ». Sérieux ? Après des années à promettre la Lune tout en générant de la merde, à lever des milliards tout en prédisant la fin du monde, et à ignorer les red flags de leurs propres équipes de sécurité, ils veulent maintenant qu’on leur fasse confiance parce qu’ils vont « parler mieux » ? C’est comme si ton dealer te proposait un atelier sur les dangers de la drogue après t’avoir vendu de la came coupée.

Le tokenmaxxing, le rebranding de Nike en boîte d’infrastructure IA (oui, vraiment), les modèles qu’on garde sous clé… tout ça, c’est du spectacle pour initiés. Pour le péquin moyen, c’est juste du bruit. Et le fossé ne fait que se creuser : des gourous qui s’échangent des tokens et des benchmarks comme des cartes Pokémon, face à des gens qui veulent juste que leur assistant IA arrête d’inventer des chiffres dans leurs rapports.

La vraie question, c’est pas si l’IA va nous tuer. C’est si on va laisser une poignée de boîtes opaques décider de notre avenir pendant qu’elles jouent aux apprentis sorciers avec notre argent. Leur solution, c’est plus de communication. La nôtre, peut-être commencer par exiger des actes, pas des promesses enrobées de jargon.

Prochaine étape : OpenAI rachète ton café du coin pour en faire un datacenter, et Dario Amodei publie un essai sur l’éthique des machines à expresso.


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