L’IA ne répond plus, elle agit. Et en une seule journée de veille, le constat est sans appel : elle veut s’occuper de tes enfants, pondre tes articles et décider de ta stratégie marketing. La machine n’est plus dans ta poche, elle est dans ta vie, et elle n’a pas l’intention d’en sortir.
La parentalité version Sam Altman, ou comment ne pas être aidé
Le Financial Times s’est demandé si l’IA pouvait améliorer la parentalité. Selon le papier, elle le peut, mais pas grâce à Sam Altman. Le patron d’OpenAI, en jeune papa, a partagé son « cool use » de ChatGPT : un podcast généré le matin pour parler à son gamin de son programme du jour ou de son match de foot. Réaction immédiate : un torrent de moqueries bien méritées, du genre « Tu pourrais juste essayer de parler à tes gosses ». Le type propose à des parents épuisés de déléguer à une machine le simple fait d’avoir une conversation avec leur enfant, ratant complètement que ces moments, justement, sont les seuls qui comptent. Demander à un chatbot comment gérer une crise de colère de ton môme de trois ans, c’est comme demander à un poisson rouge de te donner des leçons de karaté : ça ne va pas le faire. Mais le ridicule est tellement énorme que l’on finit par en rire.
Pourtant, le FT rappelle que l’IA peut avoir de vraies applications dans la parentalité : organiser les plannings, générer des activités pédagogiques, aider les enfants dyslexiques à lire, ce genre de trucs utiles. On peut même maintenant s’entraîner à la « réflexivité parentale » avec un chatbot dédié, selon une étude de Nature, qui montre que l’outil est bien accepté pour cultiver des compétences relationnelles complexes. Un père singapourien a même utilisé l’IA pour créer une appli de suivi de bébé sur-mesure. Bref, on parle d’outils conçus pour ça, pas d’un prompt lambda sur le modèle le plus récent. La nuance est de taille. Entre les promesses du marketing et la réalité du terrain, il y a toujours un fossé, mais cette fois, le fossé est rempli de couches sales et de nuits blanches.
L’écriture IA, un plat de réconfort ?
Pendant ce temps, l’économiste Tyler Cowen, dans son livre *Average Is Over*, nous annonce qu’on va finir par aimer l’écriture IA. Sa thèse, c’est que l’ère du « travailleur moyen » est révolue : face aux machines, il faut s’adapter ou disparaître. Lui est convaincu que les gens vont s’habituer à cette prose, comme ils se sont habitués à la nourriture industrielle ou à la télé-réalité. C’est peut-être vrai. Mais quant à savoir si c’est une bonne nouvelle, ça dépend de ce qu’on appelle « aimer ». On adore aussi le sucre et la malbouffe, et regarde l’état de nos artères.
Cowen a peut-être raison sur un point : l’écriture IA va s’améliorer et devenir de plus en plus difficile à distinguer de celle des humains. Les sceptiques vont être submergés, et les écrivains vont devoir s’adapter. Mais de là à dire qu’on va l’aimer, il y a un pas que je ne suis pas prêt à franchir. Je préfère encore lire un article imparfait écrit par un humain qui a mal dormi qu’une prose parfaite générée par une machine qui n’a jamais connu l’insomnie. Comme le résume bien le *Financial Times*, ce qui est inquiétant, c’est que tant de développements de l’IA semblent avoir pour mission d’éliminer les humains de l’équation. C’est un choix de société. Et j’assume de faire partie de la vieille école.
Le marketing en mode « on apprend en faisant »
Dernière pièce du puzzle : côté marketing, PepsiCo a envoyé son « Marketing Vanguard » au festival de Cannes pour causer IA. Le constat est simple : l’IA est en train de devenir le job quotidien des équipes marketing. Une étude de Profound et Listen Labs montre que 90% des CMO utilisent déjà des LLM quotidiennement. Et le gars de PepsiCo, Mark Kirkham, balance un concept qui a le mérite d’être honnête : « learning out loud ». Autrement dit, apprendre en public, se planter ouvertement, itérer en continu parce que les cycles de l’IA sont tellement courts que si tu attends d’avoir une expertise parfaite, t’es mort.
C’est rafraîchissant, ce côté un peu bordélique et assumé. On est loin des grands discours « l’IA va révolutionner le marketing ». Non, l’IA est déjà là, dans le quotidien, et il faut apprendre en marchant. La phrase « les cycles de cinq à dix mois » est une tuerie. Dans le marketing, un mois c’est une éternité, alors cinq mois, autant dire que la technologie aura changé trois fois d’avis avant que t’aies fini ta formation.
Alors, quelle conclusion en tirer ?
Ces trois histoires racontent la même chose : l’IA s’infiltre dans les interstices de nos vies, et on n’a pas vraiment le choix de l’accepter ou pas. Elle va s’occuper de nos mômes (souvent mal), écrire à notre place (bien ou mal selon ton point de vue) et bosser avec nous (forcément). La vraie question n’est pas de savoir si on va aimer l’IA, mais plutôt de savoir si on va garder un minimum d’esprit critique.
Le jour où tu confieras ton gosse à un robot, que tu liras un article sans te demander qui l’a écrit, et que ta pub préférée aura été conçue par un algorithme, tu pourras dire que t’as bien profité de la révolution. Moi, j’aurai juste une dernière requête pour l’IA du futur : préviens-moi quand elle pourra changer les couches. Là, je signe direct.
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