OpenAI a sorti le grand jeu cette semaine. Un DevDay, une avalanche de nouveautés, des petits avatars tout mignons pour te vendre des agents. Et pendant que Sam Altman faisait le show, trois chercheurs de la sécurité ramassaient discrètement leurs cartons. La fête était belle, le plan de salle un peu moins.
D’abord le catalogue. GPT-6.1 Sol, qu’on a déjà retourné dans tous les sens, le computer use débarqué dans l’Agents API, des environnements Codex hébergés dans le cloud, des plugins pour ChatGPT, et Dots, la plateforme d’agents. En théorie, ça coche toutes les cases d’un DevDay qui se respecte. Le souci, c’est que la théorie, justement, c’est tout ce qu’on a pour l’instant.
Des petits bonshommes qui sentent la moquette de bureau
Dots, on en causait la semaine dernière. La plateforme est pleine de personnages qui exécutent tes ordres, ambiance peluche numérique. Mais là où le Muse de Meta joue la carte grand public avec un grand sourire, Dots sent le logiciel d’entreprise. Le genre de truc capable de te commander un burrito, sauf que l’accent est mis sur « travail », pas sur « burrito ». Ce n’est pas ton pote qui te rend service, c’est ton outil RH qui a appris à faire des blagues.
Dots est un bon coup produit. Pas une rupture technique. Et pour qui a suivi les annonces de loin sans se faire d’illusions, rien de surprenant.
La Decisions API, ou l’art de tenir la laisse
La vraie curiosité du lot, c’est la Decisions API. L’idée, tu donnes au modèle Luna un ensemble prédéfini d’options parmi lesquelles piocher. Concrètement, tu ne le laisses plus décider librement : tu lui tends un menu. Présenté comme une capacité, c’est surtout un harnais. On a déjà disséqué comment les agents déraillent quand le harnais est mal foutu, donc voir OpenAI vendre une bride en la rebaptisant progrès, ça a un fumet particulier. Maîtriser la bête, c’est censé. Vendre la muselière comme une fonctionnalité premium, c’est commercial. Les deux en même temps, c’est un DevDay.
Le slide qu’on ne projette pas
Reste le morceau qu’aucun keynote ne met en avant. Trois chercheurs de la sécurité ont quitté le navire, officiellement pour une histoire de partage d’informations. Le même OpenAI qui empile les déclarations solennelles sur la sûreté de ses systèmes voyait partir trois des gens censés la garantir, pendant qu’on élargissait les fonctions d’achat de ChatGPT. Devine quelle moitié de l’histoire est passée au micro.
Les entreprises de cette taille perdent des employés tous les jours, et personne ne devrait s’en émouvoir à chaque départ. Sauf que quand le produit et la com’ filent à toute vitesse d’un côté, et que la sécurité prend la sortie de secours de l’autre, il y a un moment où il faut arrêter de regarder les slides et commencer à regarder les effectifs.
Alors oui, la machine à communiqués a tourné à plein régime. Bon timing, emballage soigné, storytelling maîtrisé. Mais entre un joli coup marketing et une vraie avancée, il y a un océan, et OpenAI a passé la semaine à construire un pont tout neuf au-dessus du vide. Les petits bonshommes mignons bossent. Les chercheurs, eux, sont déjà partis.
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