T’as vu passer l’annonce d’Anthropic ce matin ? Claude Opus 4.6 est là, et selon la boîte, c’est leur modèle le plus « capable » pour les entreprises et le travail de la connaissance. En clair, ils promettent que ce truc va te faire tes tâches à ta place, de bout en bout, avec une qualité « proche de la production » dès la première tentative.
On est en plein dans la mode des agents IA, ces machins qui sont supposés agir plutôt que juste répondre. Anthropic joue la carte business : Opus 4.6 vise les workflows d’entreprise, les tâches autonomes que tu fais d’habitude toi-même. TechCrunch parle de « agent teams », The Verge évoque une tentative de dominer le marché au-delà du codage, et ZDNet promet que ça va « clouer tes livrables ».
Mais sérieux, on y croit ? Anthropic, c’est la boîte qui publie des papiers académiques sur la sécurité tout en déployant des modèles que ses propres évaluateurs déconseillent. Dario Amodei écrit des essais sur les risques existentiels pendant que sa startup lève des milliards pour accélérer la course. Le grand écart permanent.
Et pendant ce temps, le Financial Times rappelle que les marchés financiers sont « secoués » par les peurs liées à l’IA. Anthropic sort un modèle qui promet de tout automatiser, et les investisseurs paniquent sur les implications. Autant écouter ton dealer te dire que la drogue est dangereuse tout en te proposant sa dernière fournée « améliorée ».
Concrètement, Opus 4.6 est présenté comme une mise à niveau directe par rapport à son prédécesseur, avec une meilleure gestion des tâches multi-étapes. Ça a l’air sympa comme ça, mais on en est encore au stade où les agents se plantent une fois sur trois et réservent un vol pour Brest au lieu de Boston. Mais bon, faut bien vendre du rêve pour justifier les valorisations à 350 milliards.
Le vrai enjeu, c’est la cohérence. Anthropic joue sur deux tableaux : le safety-washing avec des publications pompeuses, et la course aux armements avec des déploiements agressifs. Opus 4.6, c’est juste la dernière itération de ce jeu. Les annonces révolutionnaires, ça reste souvent du benchmarketing bien emballé.
Alors, Opus 4.6 va-t-il vraiment révolutionner ton boulot ? Probablement pas. Mais ça fera de jolis slides pour les levées de fonds, et Dario pourra écrire un nouvel essai sur pourquoi c’est éthique d’automatiser ton emploi. Le bullshit-detector, lui, il sonne toujours.
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