Databricks cale un run rate de 5,4 milliards et dit que le SaaS va devenir obsolète (mais sans le tuer, promis)

T’as déjà vu un type vendre des pelles pendant la ruée vers l’or, et en même temps te dire que l’or, c’est surfait ? Non ? Alors rencontre Ali Ghodsi, CEO de Databricks. Sa boîte vient de caler un run rate annuel de 5,4 milliards de dollars, avec une croissance à 65% sur un an, et plus de 1,4 milliard généré par ses produits IA. Le tout en assurant que le SaaS va bientôt devenir « non pertinent » grâce à l’IA. Faut le faire, la dissonance cognitive en costard-cravate.

Databricks, pour ceux qui ont passé les dernières années sous un rocher, c’est la plateforme de données qui a surfé sur la hype du big data, puis du machine learning, et maintenant de l’IA générative. Leur modèle ? Vendre des outils aux entreprises pour qu’elles exploitent leurs données. Et visiblement, ça marche. 5,4 milliards de run rate, c’est pas du bullshit marketing (enfin, pas que). Mais c’est pas ça le plus croustillant.

Ghodsi, dans une interview à TechCrunch, balance que l’IA ne va pas remplacer les grosses applis SaaS par des versions « vibe-coded » (traduction : des trucs codés à l’arrache par des prompts). Non, selon lui, l’IA va plutôt faire émerger des concurrents qui vont rendre le SaaS… obsolète. Laisse-moi relire. L’IA ne tue pas le SaaS, elle le rend juste non pertinent. Comme si je te disais : « Je ne vais pas te buter, je vais juste rendre ta vie complètement inutile. » La nuance est subtile.

Mais en vrai, c’est quoi le plan ? Ghodsi explique que l’IA, via des interfaces naturelles, va étendre l’usage de leur plateforme de données. Traduction : au lieu de payer pour 15 applis SaaS différentes (CRM, ERP, gestion de projet, etc.), tu vas avoir une IA qui pioche dans tes données et te sort ce qu’il faut, directement depuis la plateforme Databricks. Le SaaS ne meurt pas, il se fait juste court-circuiter. C’est comme si Netflix disait que la télé par câble n’est pas morte, elle est juste devenue un détail technique dont plus personne ne se souvient.

Et c’est là que le business model devient génial. Databricks vend la pelle (la plateforme de données), l’IA est la pioche qui creuse plus vite, et le SaaS, ben c’est le prospecteur qui se retrouve à la rue. Sauf que, attention, Ghodsi précise : ce ne seront pas des versions « vibe-coded ». Traduction : pas de ces agents IA foireux qui te réservent un hôtel à Tokyo alors que tu voulais un rapport sur Tokyo. Non, il parle de trucs sérieux, intégrés, qui tirent parti de l’infrastructure existante. En gros, l’IA comme couche d’abstraction supérieure qui mange le SaaS par le bas.

Maintenant, pose ton café et réfléchis deux secondes. Databricks annonce 1,4 milliard de revenus IA sur 5,4 milliards de run rate. Ça veut dire que plus du quart de leur biz vient déjà de l’IA. Et ils prédisent que cette même IA va dézinguer le modèle SaaS dont ils profitent indirectement (parce que oui, beaucoup de leurs clients utilisent Databricks pour alimenter leurs applis SaaS). C’est un peu comme si un pétrolier disait : « Le pétrole, c’est fini, vive les énergies renouvelables » tout en battant des records de production. Sauf que là, le pétrolier vend aussi les panneaux solaires.

Et les concurrents ? Salesforce, ServiceNow, Workday – tous ces géants du SaaS – doivent se marrer (ou suer). Parce que Ghodsi, en bon vendeur, ne dit pas que Databricks va les tuer. Non, il dit que l’IA va le faire. C’est pratique, comme rhétorique : tu prédis la disruption sans avoir à en porter la responsabilité. « C’est pas moi, c’est la technologie. »

Alors, info ou intox ? Les chiffres sont là : 65% de croissance, 5,4 milliards de run rate. Databricks cartonne. La vision ? Cohérente, dans son cynisme. L’IA comme couche d’abstraction qui rend le SaaS obsolète, c’est crédible. Mais c’est aussi un bon moyen de vendre plus de licences Databricks. « Vous voulez pas vous faire bouffer par l’IA ? Montez sur notre plateforme. » Le vieux truc du « vends la peur, pas le produit ».

Et Ghodsi dans tout ça ? Il a le cul entre deux chaises. Il doit rassurer les investisseurs avec des chiffes de fou, tout en préparant le terrain pour la prochaine disruption. Un équilibre délicat. Pour l’instant, il le tient. Mais quand le SaaS commencera vraiment à trembler, on verra si Databricks est le fossoyeur ou juste un spectateur bien payé.

En attendant, retiens ça : le SaaS n’est pas mort, il est en train de devenir un dinosaade. Et Databricks vend les météorites.


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