OpenAI vient d’officialiser son pilote de publicité dans ChatGPT. On va bientôt voir des annonces de grandes enseignes s’intercaler dans les conversations avec l’IA. Les marques paient cher pour ça, bien sûr. Mais ce n’est pas juste une nouvelle fonctionnalité : c’est une ligne rouge franchie pour certains, à commencer par Zoe Hitzig, une ex-chercheuse qui a claqué la porte en partie à cause de ça.
Zoe a passé deux ans chez OpenAI, et elle ne croit plus un mot des promesses de la boîte. Dans une interview, elle explique que l’introduction de la pub est un mouvement dangereux. Pourquoi ? Parce qu’elle ne fait pas confiance à son ancien employeur pour résister à la tentation d’exploiter les conversations les plus personnelles des utilisateurs. « C’est un glissement progressif », dit-elle. « Une fois que tu commences à monétiser l’attention, où t’arrêtes ? » Elle pointe du doigt la culture interne d’OpenAI, où les objectifs commerciaux risquent de prendre le pas sur l’éthique. Ça rappelle furieusement les discours d’Altman sur les risques existentiels, pendant que la boîte lève des milliards et cherche de nouveaux revenus. Dire tout et son contraire, c’est ce qu’on disait.
Pendant ce temps, dans un coin discret, OpenAI pousse une mise à jour de GPT-5.2 Instant. Pas de fanfare, juste des améliorations de style et de qualité des réponses, à la fois dans ChatGPT et l’API. Ils appellent ça des « mises à jour en milieu de cycle », un moyen de tweaker le modèle entre les grosses releases. C’est techniquement intéressant – ça montre qu’ils optimisent en continu – mais ça fait aussi un peu diversion. « Regardez, on améliore le produit ! » pendant qu’ils y glissent de la pub. Classique.
Alors, quoi en penser ? OpenAI a besoin de cash. Les pertes se comptent en milliards, et l’abonnement à 20 balles par mois ne suffit pas. Mettre de la pub dans un outil qui connaît les secrets des utilisateurs, c’est un sacré pari. Zoe Hitzig a raison de s’inquiéter : une fois que la machine est lancée, les dérives sont faciles. Et avec le passif d’OpenAI en matière de promesses non tenues (rappelez-vous les engagements sur la transparence ou la sécurité), sa méfiance est compréhensible.
Le timing est aussi parlant : annoncer des pubs et une mise à jour qualité le même jour, c’est du bon vieux spin. « On vous gave de marketing, mais hey, le modèle est meilleur ! » Sauf que l’amélioration technique, aussi bienvenue soit-elle, ne compensera pas la perte de confiance si les utilisateurs se sentent espionnés pour vendre des chaussures.
Au final, c’est une étape de plus dans la marchandisation de l’IA conversationnelle. OpenAI joue sur deux tableaux : garder l’image d’un pionnier éthique tout en se transformant en machine à fric. Et comme d’habitude, ce sont les chercheurs idéalistes qui trinquent en premier. Zoe Hitzig n’est probablement pas la dernière à partir.
Attends-toi à ce que ton prochain prompt sur tes problèmes de couple soit suivi d’une pub pour un thérapeute en ligne. L’ironie sera délicieuse.
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