Tu veux un signe que la bulle IA a définitivement perdu la boule ? OpenAI vaut maintenant plus que la totalité du secteur bancaire européen. Oui, tu as bien lu. La boîte qui perd 12 milliards par trimestre, qui a changé son modèle de gouvernance comme on change de slip, et dont le produit phare hallucine plus souvent qu’un étudiant en médecine après trois nuits blanches, vaut 850 milliards. Pour te donner une idée, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Deutsche Bank réunis, c’est moins que ça. Le monde est devenu fou.
Les sources (TechCrunch, Economic Times) s’accordent : OpenAI est en train de boucler un tour de table de 100 milliards de dollars. Amazon, Nvidia, SoftBank, Microsoft — la crème de la crème des investisseurs — sont sur le coup. La valorisation post-money devrait dépasser 850 milliards, soit plus que les 830 initialement prévus. Le pre-money, lui, reste à 730 milliards. Autrement dit, les investisseurs sont prêts à injecter 100 milliards pour acheter 12% d’une boîte qui n’a jamais fait de bénéfices et dont la technologie fuite par tous les pores. C’est du génie financier, ou de la folie collective. À ce stade, la différence est ténue.
Sam Altman doit se frotter les mains. Le même gars qui, il y a deux ans, parlait de risques existentiels et de « l’IA pourrait détruire l’humanité », lève maintenant 100 milliards pour accélérer vers cette même destruction. Dire tout et son contraire, c’est une stratégie business qui marche. Et pendant ce temps, les investisseurs foncent tête baissée. Nvidia, qui vend les GPU, Amazon et Microsoft, qui fournissent le cloud, SoftBank, qui mise sur tout ce qui brille — ils se garantissent une place à la table du futur, peu importe si la table est en carton.
Le plus drôle dans l’histoire, c’est qu’OpenAI n’a même pas besoin de cet argent pour fonctionner. Ils en brûlent déjà 12 milliards par trimestre, mais avec 100 milliards de plus, ils pourraient littéralement acheter une petite nation et la convertir en data center. La course au compute est devenue une guerre de tranchées où l’arme principale est le chéquier. Et pendant ce temps, dans un coin, une petite startup comme Uptiq (source The AI Insider) lève 25 millions pour faire de l’IA dans la finance. 25 millions. À côté des 100 milliards d’OpenAI, c’est de la monnaie de singe. Mais au moins, eux, ils ont un business model : l’IA pour les services financiers. Pas des promesses de singularité, du concret.
Revenons à nos moutons. 850 milliards de valorisation, c’est quoi en vrai ? C’est plus que Tesla, plus que Meta, plus que Berkshire Hathaway. C’est 10 fois la valorisation d’Airbnb. Pour une boîte dont le produit principal est un chatbot qui invente des faits, refuse de faire certaines tâches parce que « c’est contraire à ses principes », et coûte une blinde en électricité. Le benchmarketing a atteint des sommets : on ne parle même plus de performances, on parle de valorisation. « Notre modèle vaut 850 milliards » — essaye de mettre ça dans un graphique de comparaison.
Et ne me sors pas l’argument du « potentiel futur ». Le potentiel futur, c’est le refuge des investisseurs qui ont trop bu de Kool-Aid. Oui, l’IA va changer des choses. Mais à 850 milliards, tu n’achètes pas une technologie, tu achètes un rêve. Un rêve très cher, financé par des fonds qui parient sur le fait que quelqu’un d’autre paiera encore plus cher plus tard. La greater fool theory en version 2026.
Pendant ce temps, le secteur continue de tourner. Les modèles s’améliorent (un peu), les coûts explosent (beaucoup), et la hype reste à son maximum. OpenAI n’est pas seule dans cette course — Anthropic, Google, Meta, tous jouent le même jeu. Mais OpenAI a réussi à transformer ses pertes abyssales en argument marketing : « Regardez comme on dépense, c’est la preuve qu’on va gagner. » Et les investisseurs marchent. C’est beau, la foi.
Alors, 100 milliards pour 850 milliards de valorisation, est-ce que c’est raisonnable ? Bien sûr que non. Mais dans le monde de l’IA, la raison a pris sa retraite il y a longtemps. Reste à voir combien de temps le château de cartes tiendra. En attendant, Sam Altman peut continuer à prédire l’apocalypse tout en encaissant les chèques. La cohérence, c’est pour les faibles.
Sources :
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