Accenture, le géant du conseil qui carbure aux PowerPoint et aux réorganisations, vient de franchir un cap dans la coercition technologique. Selon un mail interne vu par le Financial Times, la boîte a décidé que pour grimper dans la hiérarchie, il faudrait désormais prouver son « adoption régulière » des outils AI maison. En clair : si tu n’ouvres pas leur plateforme pourrie tous les matins, tu peux oublier ta promotion.
Le Guardian et TechRepublic confirment : Accenture traque les connexions individuelles, comme un surveillant de lycée qui compterait les passages aux toilettes. Sauf qu’ici, c’est pour mesurer qui est un bon petit soldat de l’IA. Leur argument ? « Augmenter l’adoption de la technologie ». Ou comment transformer un problème de qualité en problème de discipline.
Parce que le vrai scandale, c’est pas la surveillance — c’est la qualité des outils en question. The Decoder rapporte que certains employés les décrivent comme des « générateurs de merde cassés » (« broken slop generators »). Imagine : tu forces tes équipes à utiliser un logiciel qui produit de la bouillie inutilisable, et tu les punis s’ils n’en consomment pas assez. C’est du management à la pointe du fusil, avec une munition en caoutchouc.
Le Financial Times parle de « carotte et bâton », mais là, on est sur du bâton pur. Les seniors, moins enclins à jouer avec ces jouets bancals que les juniors, sont mis au pas. Adapte-toi ou dégage. La « fluence IA » devient une métrique KPI, comme si maîtriser un outil buggé était une compétence plutôt qu’une preuve de masochisme.
Accenture, qui vend à ses clients des stratégies de transformation digitale à prix d’or, montre ici son vrai visage : une usine à consultants où l’innovation se mesure au nombre de clics, pas à la valeur produite. Ils veulent des chiffres pour leurs rapports annuels, quitte à forcer l’usage d’outils qui ralentissent le travail.
La question, c’est pas si l’IA va remplacer les consultants, mais si les consultants vont survivre à l’IA d’Accenture. Pour l’instant, le seul truc que cette politique va générer, c’est du ressentiment et des CV sur LinkedIn. Et peut-être un beau procès pour harcèlement managérial déguisé en initiative tech.
Prochaine étape : des promotions liées au nombre de prompts par jour ? Un bonus si ton IA génère plus de slides incohérents que ton collègue ? Avec cette logique, on va droit vers le consulting absurde, où la quantité de merde produite prime sur sa qualité. Bon courage pour vendre ça aux clients.
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