Jack Dorsey a encore fait du Jack Dorsey. Cette fois, le co-fondateur de Twitter (ou X, ou je sais plus) a pointé l’IA comme responsable des licenciements chez Block, sa boîte de paiements. Le genre d’annonce qui sent le prétexte à trois kilomètres. T’as un patron qui veut serrer la vis, couper des têtes, et plutôt que d’assumer, il balance « c’est l’IA, c’est le progrès, on peut rien y faire ». Sauf que les sceptiques, eux, ne gobent pas la couleuvre. Et ils ont raison.
Le truc, c’est que Dorsey n’est pas le seul. En Australie, les licenciements liés à l’IA signalent une « réinitialisation » des cols blancs, comme le rapporte TechRepublic. Le chômage national reste bas, mais les restructurations se multiplient. L’IA devient l’excuse parfaite pour justifier des coupes budgétaires ou des réorganisations qui auraient eu lieu de toute façon. C’est du management par PowerPoint : tu mets un peu de buzzword techno sur une décision impopulaire, et hop, ça passe mieux (en théorie).
Mais est-ce que l’IA justifie vraiment ces licenciements en masse ? Regardons les faits. Les modèles actuels sont bons pour automatiser des tâches répétitives, générer du texte, ou analyser des données. Mais remplacer des emplois entiers ? On en est loin. La plupart des « licenciements IA » sont en réalité des réductions de coûts déguisées, où la technologie sert de bouc émissaire. Dorsey, avec son histoire de « pari lointain sur un futur avec moins d’employés », joue sur la peur et l’inévitabilité pour faire passer la pilule. C’est de la com’ pure et dure.
Et ça marche parce que le discours dominant sur l’IA est biaisé. Tu as les évangélistes qui te promettent un monde où les machines font tout le travail. Et tu as les prophètes de l’apocalypse qui prédisent la fin de l’emploi. Entre les deux, la réalité : l’IA est un outil, pas un remplaçant. Mais quand un CEO comme Dorsey s’en sert pour justifier des licenciements, il alimente le mythe. C’est pratique, ça évite de se poser des questions sur la gestion de l’entreprise, la rentabilité, ou les vraies raisons derrière les coupes.
En Australie, cette « réinitialisation » des cols blancs montre bien le problème. L’IA est utilisée comme levier pour restructurer des secteurs entiers, souvent sans consultation ni plan de transition. Résultat : des employés jetables, une précarité accrue, et un discours qui normalise la destruction d’emplois au nom du progrès. TechRepublic le souligne : le chômage reste bas, mais la qualité des emplois et la sécurité des travailleurs en prennent un coup.
Alors, que retenir de tout ça ? D’abord, que l’IA n’est pas une fatalité. C’est un choix. Les entreprises qui licencient en invoquant la technologie pourraient tout aussi bien investir dans la requalification, l’adaptation, ou la création de nouveaux rôles. Mais c’est plus facile de balancer un communiqué sur « l’avenir de l’IA » que de gérer des transitions humaines. Ensuite, que des types comme Dorsey jouent un jeu dangereux. En faisant porter le chapeau à l’IA, ils minent la confiance dans la technologie et alimentent une résistance qui pourrait freiner des innovations légitimes.
Quand tu verras un patron blâmer l’IA pour des licenciements, pose-toi la question : est-ce vraiment la technologie, ou juste une excuse pour éviter de regarder les vrais problèmes en face ? C’est souvent la deuxième option. Et tant qu’on acceptera ce narratif, on continuera à voir des Jack Dorsey utiliser l’IA comme un bulldozer pour démolir des carrières sans assumer leurs responsabilités. L’IA, assistante, pas remplaçante ? Pour certains, c’est surtout un bouc émissaire bien pratique.
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